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29 décembre 2013

La réponse catholique face aux scandales de pédophilie

La réponse catholique face aux scandales de pédophilie


10/04/2010



Père Dominique HÉLOU

Face aux scandales de pédophilie qui touchent certains membres du clergé de l'Église catholique, la première chose à faire est de les comprendre à la lumière de notre foi chrétienne. Avant de choisir ses premiers disciples, Jésus passa la nuit à prier. En ce temps-là, il avait beaucoup de gens qui le suivaient. Dans la prière, il parla au Père de ceux qu'il devait choisir comme apôtres.

Et malgré cela, l'un d'entre eux fut un traître. L'un des douze, l'un de ceux qui avaient suivi le Seigneur, à qui Jésus avait lavé les pieds ; l'un de ceux qui l'avaient vu marcher sur les eaux, ressusciter les morts et pardonner les péchés, a trahi le Seigneur. Jésus avait choisi Judas non pas pour qu'il le trahisse, mais pour qu'il soit son témoin comme tous les autres. Mais Judas utilisa sa liberté pour permettre à Satan d'entrer en lui et sa trahison a entraîné la crucifixion du Christ.

Parfois, les élus de Dieu le trahissent. C'est un fait que nous devons assumer. Si les membres de l'Église primitive s'étaient uniquement centrés sur le scandale causé par Judas, l'Église aurait cessé d'exister avant même de commencer à croître. L'Église a compris que l'on ne jugeait pas son message par ceux qui ne le vivent pas, mais par ceux qui le vivent. Au lieu de se centrer sur celui qui avait trahi le Christ, ils se sont centrés sur les onze autres qui, par leur prédication et leur travail, ont permis que nous soyons chrétiens aujourd'hui.

Nous sommes confrontés actuellement au même problème. Nous pouvons nous centrer sur ceux qui trahissent le Seigneur ou focaliser sur ceux qui demeurent fidèles au Seigneur et qui sont infiniment plus nombreux. Ces derniers, évidemment, n'intéressent pas les médias.

L'histoire de l'Église est parsemée de clair-obscur. À des époques où la hiérarchie était au plus bas, Dieu a suscité des saints extraordinaires qui ont su remettre l'Église à flot. En pleine réforme, saint François de Sales, au péril de sa vie, parcourut la Suisse, prêchant l'Évangile avec vérité et amour. Devant ceux qui se scandalisaient de l'attitude de certains prêtres, il disait : « Ceux qui commettent ce type de scandale sont coupables du point de vue spirituel d'un assassinat, détruisant la foi d'autres personnes en Dieu par leur mauvais exemple ; mais je suis ici parmi vous pour vous éviter un mal encore pire. Tandis que ceux qui causent le scandale sont coupables d'assassinat spirituel, ceux qui permettent que ces scandales détruisent leur foi sont coupables de suicide spirituel, en abandonnant la source de vie que sont les sacrements, en particulier l'eucharistie. »

Saint François d'Assise, qui vécut en des temps particulièrement difficiles d'immoralité terrible en Italie centrale, répondit un jour à l'un de ses frères touché par les scandales qui lui avait dit : « Frère François, que feriez-vous si vous saviez que le prêtre qui est en train de célébrer une messe à laquelle vous êtes en train d'assister a trois concubines à ses côtés ? » Réponse : « Lorsque viendra le moment de la sainte communion, j'irai recevoir le Corps très saint de mon Seigneur des mains consacrées du prêtre. » Par cette réplique, il a voulu expliquer clairement que les sacrements ne dépendent pas de la qualité du ministre. De même qu'un médecin cancéreux peut parfaitement donner le remède opportun à ses patients même s'il est personnellement atteint d'un mal plus grand.

Le Christ continue à agir à travers le plus pécheur des prêtres et heureusement qu'il le fait. Les prêtres sont choisis par Dieu parmi les hommes et sont tentés comme n'importe quelle personne. Judas a pu expulser les démons et guérir les malades bien que ses dispositions n'étaient pas des plus droites.

Bien sûr l'Église doit travailler mieux à la sélection des candidats au sacerdoce, mais cela ne suffit pas. Elle doit être plus ferme quant aux cas qui se présentent et s'occuper des victimes, certes, mais cela ne suffit pas.

L'unique réponse adéquate à ce terrible scandale, l'unique réponse authentiquement catholique à ce scandale, est la sainteté. Toutes ces crises qu'affronte l'Église sont une crise de sainteté. La sainteté est cruciale, parce qu'elle est le visage authentique de l'Église. Combien de personnes qui trouvent des excuses à leur tiédeur et à leur négligence, et qui commettent donc un suicide spirituel sous prétexte qu'un prêtre, un religieux ou une religieuse a eu un comportement inacceptable.

Les Béatitudes sont une recette pour la sainteté. Tout le monde est appelé à être saint, pas seulement les prêtres, les religieux et les religieuses. Les scandales doivent être un stimulant pour que nous aspirions de toutes nos forces à la sainteté. C'est une époque où peut s'appliquer la Béatitude : « « Heureux serez-vous lorsqu'on vous insulte, l'on vous persécute et l'on dit toutes sortes de choses fausses contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous car votre récompense sera grande dans les cieux. »

De nos jours, il faut nager à contre-courant et c'est un grand moment pour être témoin du Christ. Que notre seule fierté soit la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous dit saint Paul. Quelques personnes prédisent que l'Église va passer des temps difficiles, mais ayons confiance, l'Église survivra ; elle a la garantie du Christ. Un jour Napoléon, au sommet de sa gloire, s'adressa au cardinal Consalvi en disant : « Je vais détruire votre Église. » Le cardinal répliqua : « Non, vous ne le pourrez pas. » Napoléon reprit, offusqué, du haut de ses 1 m. 50 : « Je vous le dis, je vais détruire votre Église. » Le cardinal dit avec un sourire : « Non, vous ne le pourrez pas. Nous-mêmes, nous n'y avons pas réussi. »

Si les mauvais papes, les prêtres infidèles et les milliers de pécheurs dans l'Église n'ont pas réussi à la détruire de l'intérieur, personne ne pourra le faire, car le Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. La barque de Pierre ne sombre pas.

Si vous vous méfiez des prêtres à cause des scandales, ne perdez jamais la confiance dans le Seigneur. Il s'agit de Son Église. Judas a été remplacé et l'Église a poursuivi son chemin et sa mission. Alors, concentrons-nous sur la sainteté. Voici la clé et le remède à tous les maux. Des grands maux, Dieu tire un bien encore plus grand. Compensons par notre amour le manque d'amour que nous constatons chez les autres. Il est temps que les vrais hommes et les vraies femmes de l'Église se manifestent. Il est temps de prendre résolument le chemin de la sainteté. Alors, à nous de jouer.

26 décembre 2013

Réflexion sur le sacrement de réconciliation (texte du cardinal Martini)



Se confesser : les conseils du cardinal MartiniExtrait du livre : «Et Moi, Je Suis avec Vous» p. 76-79. (Vie chrétienne 1996)

Nous sommes tous conscients qu’il y a actuellement dans l’Église, une crise de la pénitence. On dit que les confessionnaux sont vides, mais ils le sont des deux côtés, soit parce que les fidèles manquent, soit parce que les prêtres n’y entrent plus. Fut un temps où le prêtre attendait des heures et des heures, ensuite, il pouvait ne pas se sentir coupable si les gens ne se confessaient pas. Maintenant, on en parle beaucoup, mais personne ne vient. Il y a donc un éloignement progressif, pas toujours à cause des fidèles ; en fait, même des prêtres font souvent comprendre, plus ou moins explicitement, qu’il vaut mieux espacer les visites.


Tout cela est peut-être utile ; c’est une crise salutaire car elle naît du refus d’un formalisme excessif dans la façon de recevoir et de donner le sacrement de pénitence qui, à la fin, dégoûtait aussi bien le prêtre que le fidèle, bien que certains, héroïquement, gardent cette habitude de la confession fréquente. Nous sommes dans cette situation et l’Église est à la recherche de nouvelles voies pénitentielles. Il me semble que c’est une purification juste, un effort louable que d’abandonner une pratique purement formelle.



Évidemment, on risque aussi de perdre un point essentiel de la pédagogie de l’Église, une dimension essentielle de notre vie de baptisés. Celle-ci est une vie de pécheurs qui, confiés à la miséricorde, parcourent un chemin vers la Résurrection définitive. Par conséquent, le mystère de la pénitence est à l’œuvre en nous, et dire que nous n’en avons pas besoin serait nous mettre en dehors de la réalité. Certes, si l’effort de sortir du formalisme nous portait à abandonner la pratique pénitentielle de l’Église, ce serait un très grand mal : nous ne serions plus dans la vérité devant Dieu ni devant nos frères.


De la confession au dialogue pénitentiel

Je ne veux pas ici faire une étude pastorale, mais simplement faire une suggestion à ceux qui ont peut-être, à un moment donné, espacé de plus en plus leurs confessions sans réussir à bien en analyser le pourquoi et sont dans l’incapacité de reprendre une pratique désormais formelle, à cause d’un certain malaise intérieur. Je voudrais proposer une suggestion uniquement parce qu’elle m’a été utile. Chacun offre ce qu’il a expérimenté de positif. Je me suis demandé, ou le Seigneur m’a inspiré de me demander, lorsqu’une confession courte et faite à la hâte me pesait, pourquoi ne pas essayer de la faire plus longue et avec plus de calme. Cela a l’air d’un paradoxe, mais parfois, même les paradoxes aident à sortir de situations bloquées. Alors, avec l’aide de quelqu’un d’autre, je suis passé de la confession à ce que j’appellerais un dialogue pénitentiel. Ce dialogue, d’ailleurs, ne fait que développer les indications données par la dernière révision du rite pénitentiel, publiée par le Saint Siège et appliquée par les Conférences épiscopales, qui élargit grandement la possibilité d’y insérer prière et lecture de l’Écriture Sainte.



Il me semble qu’il s’agit avant tout d’un dialogue avec un frère qui représente l’Église, donc un prêtre, en qui je vois un représentant direct de Dieu ; un dialogue fait en priant ensemble, dans lequel je présente ce que je sens en moi, en ce moment ; je me présente tel que je suis, devant l’Église et devant Dieu.


Reconnaître la miséricorde de Dieu

À mon avis, ce dialogue comporte essentiellement deux parties : la première, que j’appelle «confessio laudis», c’est-à-dire confession d’après le sens primitif du terme. Là aussi, on peut partir d’un paradoxe : s’il est chaque fois pénible et si difficile de dire mes péchés, pourquoi ne pas commencer par les bonnes actions ?



Saint Ignace lui-même le suggérait dans les Exercices, prenant comme premier point l’action de grâce : Seigneur, je veux d’abord te remercier parce que tu m’as aidé, telle chose a eu lieu, j’ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j’ai dépassé un moment difficile, j’ai pu mieux prier. Remercier Dieu de ce que je suis, de son don, sous forme de dialogue, de prière de louange ; reconnaître ce qui maintenant, devant Dieu, me donne de la joie : je suis content de telle ou telle chose, passée ou présente. Il est important que ces choses émergent devant le Seigneur : la reconnaissance de sa bonté pour nous, de sa puissance, de sa miséricorde.



Cela fait, on peut passer à une «confessio vitae» que je définirais comme ceci : plus qu’une recherche et une énumération de péchés formels, c’est dire devant Dieu ce qui maintenant me met mal à l’aise, ce que je voudrais faire disparaître. Souvent, ce sont des attitudes, des façons d’être, plus que des péchés formels, mais au fond, les causes sont les douze attitudes que répertorie saint Marc : orgueil, envie, cupidité… qui émergent dans ces états d’âme.



Ou bien, je dirai devant Dieu : je regrette de ne pas pouvoir parler sincèrement avec telle personne, mon rapport n’est pas authentique avec tel groupe, je ne sais pas par où commencer. Je regrette de ne pas réussir à prier, je me sens mal à l’aise d’être pris par ma sensualité, par des désirs que je ne voudrais pas avoir, des fantasmes qui me troublent. Je ne m’accuse peut-être d’aucun péché en particulier, mais je me mets devant le Seigneur et lui demande qu’il me guérisse.



Il ne s’agit vraiment pas de mettre sur la table trois ou quatre péchés, pour qu’ils soient annulés, mais d’une immersion baptismale dans la puissance de l’Esprit : Seigneur, purifie-moi, éclaire-moi, illumine-moi. Je ne demande pas seulement, dans cette confession, que soit annulé tel ou tel péché, mais que mon cœur soit changé, qu’il y ait en moi moins de lourdeur, moins de tristesse, moins de scepticisme, moins d’orgueil. Je ne sais peut-être même pas par où commencer, mais je mets tout cela dans la puissance du Crucifié et du Ressuscité par la puissance de l’Église.


Une prière qui donne joie et paix

De là naît une prière qui peut être faite avec le prêtre : on peut réciter un Psaume, une prière de la Bible, de remerciement ou de demande, ou même, une prière spontanée sur laquelle une absolution sacramentelle vient comme la manifestation de la puissance de Dieu que je demande parce que je ne suis pas capable de m’améliorer tout seul. Je me remets une fois encore sous la Croix, sous cette puissance qui m’a baptisé pour qu’une fois encore elle me reprenne en main.



Voilà ce que j’entends par dialogue pénitentiel ; ce n’est pas simplement un dialogue psychologique, ou une sorte de thérapie.



Il n’est pas nécessaire que le confesseur me révèle les sources secrètes de mes fautes ; cela pourrait aussi avoir lieu avec un spécialiste du cœur humain, mais même si le confesseur est une personne qui ne sait pas grand chose du cœur humain, il peut toujours prier pour moi, sur moi et avec moi.Il s’agit de se soumettre à la puissance de l’Église, et donc de retrouver la valeur du sacrement : je vais me confesser non pour sentir des choses intéressantes, ou pour voir quel conseil on me donne, mais parce que c’est moi qui dois me soumettre à la puissance de Dieu et cela me suffit, me donne joie et paix.



C’est donc, avec de nombreuses variantes possibles, une suggestion que je souhaitais vous donner. Il est clair que, de cette façon, la confession peut durer longtemps, mais on l’affronte plus volontiers car l’on voit ce qu’elle signifie dans son chemin vers Dieu. À chacun d’entre vous, le Seigneur aura probablement suggéré d’autres formes qui pourront aussi être communiquées utilement en tant qu’expériences, car elles pourront en aider d’autres.


Cardinal Carlo Maria Martini, s.j., archevêque émérite de Milan.

24 décembre 2013

Réflexion sur la nouvelle théologie

Il y a une tendance actuellement dans l'Église à diluer le message de l'Évangile dans le but de le rendre plus accessible à certaines gens plus ou moins incrédules.

De plus en plus, et ce, même en chaire, on laisse sous-entendre que certains événements ne se seraient peut-être pas déroulés exactement comme ils sont rapportés; que Jésus n'aurait peut-être pas fait ceci ou cela comme marcher sur les eaux ou calmer la tempête; que ce serait des allégories, des symboles pour nous faire comprendre ceci ou cela.

Je veux bien qu'il puisse y avoir différentes interprétations de certains textes, mais est-il vraiment nécessaire de créer un doute sur la véracité des faits rapportés?

Le danger serait de croire, que si certains événements ne sont que des allégories alors, pourquoi en serait-il autrement pour la Résurrection?

La nouvelle théologie ne va tout de même pas jusque-là, mais j'aimerais bien connaître comment elle s'y prend pour déterminer que tel événement est une allégorie et l'autre, non. Où est la ligne, la mesure permettant de distinguer entre les deux?

Personnellement, si je crois que Dieu a créé le ciel, la terre, l'être humain et que Jésus a ressuscité, alors où est le problème pour moi de croire qu'il a aussi marché sur les eaux et apaisé la tempête?

Au risque de paraître naïf aux yeux des hommes, je préfère croire le sens littéral des Évangiles, que de croire en des allégories et de découvrir en présence de Dieu qu'elles n’en étaient pas.

D'ailleurs, qui suis-je pour oser prétendre que Jésus n'a pas fait ceci ou cela ou qu'il n'a pu faire ceci ou cela?

À vouloir faire plaisir à tout le monde, on finira par déplaire à tous et surtout à créer le doute.

Laissons à chacun la liberté de découvrir par lui-même et avec l'aide de l'Esprit-Saint ce que les Écritures veulent dire pour lui aujourd'hui dans sa propre vie.

C'est ce que je nous souhaite.

Robert

20 décembre 2013

Le prêtre n'est pas un fonctionnaire

Au 6e symposium du clergé du Portugal

ROME, Jeudi 10 Septembre 2009 (ZENIT.org) - Au cours du 6e symposium du clergé du Portugal consacré au thème « Ravive le don qui est en toi », le cardinal Cláudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, a mis les prêtres en garde contre une tendance à transformer leur ministère sacerdotal en « une espèce de profession ecclésiastique qu'ils exécutent comme des fonctionnaires ». Cette tendance vient, selon le cardinal, d'une rencontre « insuffisante et superficielle » avec le Christ.

Le cardinal Hummes a invité les quelque 800 prêtres présents pour ces 4 jours de symposium à être missionnaires et à nourrir leur spiritualité quotidiennement, en maintenant « un contact assidu avec la Parole de Dieu, à vivre une vie de prière qui inclut la liturgie des heures et la dévotion mariale, à célébrer quotidiennement l'Eucharistie (...), à recourir régulièrement au sacrement de la confession », a rapporté L'Osservatore Romano le 10 septembre.

Le prêtre doit « vivre en communion ecclésiale avec le pape, l'évêque et les prêtres, se consacrer totalement et infatigablement à son ministère pastoral à la mission et l'évangélisation, être un homme charitable, fraternel, bon et miséricordieux avec tous, solidaire avec les pauvres... », a-t-il ajouté.

Le haut prélat a par ailleurs dénoncé la culture actuelle qui « encourage une déchristianisation, visible dans la majeure partie des pays chrétiens, particulièrement en Occident ». Dans ce contexte, a affirmé le cardinal Hummes, le nombre des vocations et des prêtres « s'est réduit de manière drastique », notamment à cause de « l'influence de l'environnement culturel ».

« Nous ne devons pas nous décourager ni avoir peur de la société actuelle », a-t-il ajouté en condamnant un « nouveau paganisme ».

Enfin, la déclaration finale du Symposium invite à créer « une culture de la formation permanente dans l'Eglise ». Ou la vie du prêtre est une « formation permanente », ou elle est une « frustration permanente, répétitive, négligence générale, inertie, apathie, perte de crédibilité, inefficacité apostolique », souligne le document.

18 décembre 2013

Réflexion sur la fermeture de paroisses

Même si l’évêque seul a le pouvoir de regrouper ou même de fermer des paroisses, une décision prise unilatéralement en haut-lieu sans aucune consultation ni implication de la base produit rarement de bons résultats. De telles décisions ne devraient être prises qu’en dernier recours et seulement après avoir fait preuve de beaucoup de créativité et en ayant examiné toutes les autres solutions possibles. D’ailleurs, une plus grande collaboration entre les paroisses serait certainement possible sans qu’il y ait regroupement.

De plus, je suis perplexe face à la raison principale énoncée souvent comme justification des regroupements, soit la pénurie de prêtres.

Si tel est le cas, avant de procéder à des regroupements ou à des fermetures, n’y aurait-il pas lieu que les prêtres deviennent de plus en plus des pasteurs plutôt que des gestionnaires en se départissant complètement des tâches administratives et en les confiant à des laïc(que)s?

N’est-il pas ironique que, jadis, les prêtres étaient tenus de célébrer la messe quotidiennement alors qu’ils ne le sont plus aujourd’hui? Ne faudrait-il pas ramener cette coutume pour pallier à la pénurie de célébrants?

N’y aurait-il pas lieu que tous les prêtres, peu importe leur rang, prennent part plus activement aux célébrations dominicales et aux cérémonies sur semaine afin d’assister les autres prêtres?

N’y aurait-il pas lieu de former plus de laïc(que)s pour assister les prêtres dans leur rôle de pasteur le dimanche et sur semaine pour les A.D.A.C.E. et pour d’autres cérémonies religieuses ne requérant pas obligatoirement la présence d’un prêtre?

Quant à la seconde raison souvent évoquée soit celle du manque d’intérêt des paroissiens, n’est-il pas justement la conséquence du peu d’importance qu’on accorde à leur opinion ainsi que du peu de confiance qu’on leur a fait par le passé en ne leur confiant que des tâches secondaires plutôt que des rôles importants dans l’Église?

Dans ce projet de regroupement, j’ose espérer qu’une attention particulière sera accordée aux besoins spirituels des paroissiens tout spécialement à ceux des personnes âgées pour qui leur église est souvent le seul endroit propice au recueillement leur permettant d’affronter l’inévitable avec dignité et sérénité.

Robert

16 décembre 2013

L'enfant et le caillou (Conte)

Jean, un enfant de cinq ans, était assis à l'écart, la tête entre les deux mains et regardait des enfants jouer au loin se demandant ce qui le différenciait des autres. Il sentait cette différence jusqu'au tréfonds de lui sans pouvoir la nommer. Il avait tout simplement perdu sa joie de vivre, il était déjà mort à cinq ans.

D'un pas nonchalant, il marchait distraitement le long d'un sentier ne menant nulle part. Entouré d'herbes presque aussi hautes que lui, il crut distinguer au loin un scintillement. Curieux, mais sans hâte, sautant à l'occasion pour mieux apercevoir cette lueur qui semblait disparaître et, soudain, réapparaître, il se fraya un chemin jusqu'à elle.

Stupéfait, n'en croyant pas ses yeux, il aperçut un diamant de la grosseur de son poing.
S'en approchant lentement, comme s'il avait peur qu'il se sauve de lui, les yeux grands ouverts, la bouche bée, il le saisit avec tout le respect dont il était capable. Il s'assit de longues minutes le contemplant avec émerveillement et sentait une chaleur nouvelle montée en lui.

La joie l'emportant, il partit en courant à toutes jambes vers le village tenant bien serré à deux mains la pierre précieuse contre sa poitrine criant à qui voulait bien l'entendre:
"J'ai trouvé un diamant."

Entrant en trombe à la maison, tout haletant, tombant presque aux pieds de sa mère, il dit: "Maman, regarde ce que j'ai trouvé! Regarde! C'est un diamant!"

Sa mère, éclatant de rire, lui répondit:
- "Pauvre Jean. Tu es toujours aussi rêveur. Mais, ce n'est qu'un vulgaire caillou.
- Mais non maman, regarde, regarde encore… c'est un diamant.
- Bon assez, lui répondit-elle. Cesse tes balivernes et va jouer avec tes camarades. "

À ce moment, le père entrait à la maison retournant du travail
- "Papa, regarde ce que j'ai trouvé, dit Jean d'un ton suppliant.
- Ah, le beau caillou, " répondit le père s'affaissant sur sa chaise préférée.

Jean, la mort dans l'âme, n'en croyait pas ses oreilles.
"Qu'ils sont bêtes ces adultes, pensa-t-il, ils ne savent pas reconnaître un vrai diamant."

Ce soir-là, il se coucha avec une douce tristesse, mais résolu à garder sa trouvaille quand même.

Le lendemain, la pierre à la main, il se promena dans son village la montrant aux passants sans dire un mot. Les uns le regardaient distraitement, les autres n'y prêtaient guère attention et d'autres le regardaient avec amusement.

L'air renfrogné, Jean sentait une colère monter, une colère envers lui-même et un embarras, car plus qu'il regardait son diamant, plus qu'il ressemblait à un vieux caillou. N'en pouvant plus, il retourna dans le champ et lança de toutes ses forces la pierre au bout de ses bras.

Cependant, chaque soir, avant de s'endormir, il revoyait son diamant, ce diamant si pur qu'il en sortait une lumière blanche, une lumière qui l'avait réchauffé jusqu'au fonds de son être, qui en l'espace de quelques instants avait soulevé le voile sombre qui enveloppait sa vie et lui avait fait miroiter un monde meilleur.

Les semaines, les mois, les années passèrent et Jean évitait de retourner dans ce sentier qui l'avait amené à sa découverte. Puis, avec le temps, il y retourna sans chercher, ne se souvenant presque plus de cet incident jusqu'au jour où il trébucha sur un gros caillou. En tombant par terre, il entendit des éclats de rire. Un garçon nommé Michel, tentant d'étouffer son rire, lui dit:
- "Tu as trébuché sur mon diamant"

Jean, regardant tour à tour le caillou et le garçon, lui dit hésitant:
- "Mais…ce n'est pas un diamant, …ce n'est qu'un caillou…. "

Michel lui répondit:

- "Tu as cru les autres n'est-ce pas? Eh bien non, c'est un diamant, c'est le mien."


Et toi, as-tu retrouvé le tien?

Robert

14 décembre 2013

Comment gérer son quotidien

- Le matin, au réveil, ne pas laisser le mental prendre le contrôle de sa journée.

- Prière à genoux

- Habiter ses moindres gestes

- Ne pas laisser seulement les activités meubler sa journée

- Se réserver des temps de silence juste à écouter, à réfléchir, à méditer ou à prier.

- Se réserver des temps pour écrire, pour lire

- Marche quotidienne

- Chasser les intrus en soi : démasquer les mécanismes, décrocher mentalement des autres, de leur pensée sur soi et cesser de se responsabiliser pour les autres.

- Décider en choisissant ce qui est constructif pour soi; ne pas laisser les évènements ou les personnes choisir pour soi.

- Favoriser les relations vitalisantes : rencontrer des gens en contact avec leur Vie.

12 décembre 2013

Qui était l'homme du Saint-Suaire?


Emanuela Marinelli explique pourquoi cet homme ne pouvait être que Jésus

ROME, Jeudi 28 mai 2009 (ZENIT.org) - Un drap jauni par le temps interroge depuis des siècle les hommes. Pour certains, c'est dans cette toile que Jésus fut enveloppé tout de suite après sa mort en croix, pour d'autres, c'est un faux pour alimenter la dévotion chrétienne.

Le tissu a enveloppé un cadavre malmené, faisant apparaître clairement des taches de sang et l'image frontale et dorsale d'un corps, dont l'impression reste un mystère.

Une image qui s'est estompée mais qui demeure tout aussi riche de détails impressionnants qui permettent de reconstituer les dernières heures de ce défunt auquel est attribué une identité bouleversante : Jésus de Nazareth.

Enquêtes, recherches, analyses, discussions : ce drap connu sous le nom de « Saint-Suaire » a fait beaucoup parlé de lui. Pendant des siècles, il a été vénéré comme la plus précieuse relique de la chrétienté.

Puis en 1988, coup de théâtre. Une analyse au carbone 14, affirme que l'origine de cette toile remonte au Moyen Age, autrement dit à une époque successive à la date de la crucifixion de Jésus.

Les experts sont partagés. Pour certains l'analyse n'a pas été rigoureuse et ne constitue pas une preuve, pour d'autres elle est valable. D'autres encore réaffirment que le linceul n'a pas enveloppé le corps de Jésus.

Pour essayer de faire le point concernant les connaissances et les argumentations pour ou contre le Saint-Suaire, Emanuela Marinelli, professeur de sciences naturelles et géologiques, membre éminent du Centre romain d'étude du Linceul de Turin , organisatrice du Congrès mondial Saint-Suaire 2000, auteur de nombreux ouvrages, intervenue dans des centaines de rencontres sur le sujet, promotrice de la revue « Collegamento pro Sindone » et du site www.sindone.info, vient de publier le volume : « La Sindone. Analisi di un mistero » (Le Linceul. Analyse d'un mystère) aux éditions Sugarco ( 267 pages, 19,50 Euro).

ZENIT l'a rencontrée.

ZENIT : Combien de mystères ce morceau de tissu jauni par le temps cache-t-il? Et quels sont-ils?
Prof. Marinelli :
Depuis des années, les chercheurs s'interrogent sur ce linceul, conservé à Turin depuis plus de quatre siècles. Son histoire, rigoureusement documentée, part de la moitié du XIVème siècle et les chercheurs enquêtent sur le parcours de son arrivée en Europe. Mais le mystère le plus fascinant reste l'origine de l'image humaine imprimée sur l'antique tissu. Cette empreinte se voit encore mieux sur le négatif d'une photo. Ce drap a certainement enveloppé un cadavre ; mais le corps, comment a-t-il pu projeter son image sur l'étoffe? L'image est déterminée par un phénomène de déshydrations et d'oxydation, qui ne peut-être provoqué par le seul contact du drap avec le cadavre.

ZENIT : On a beaucoup écrit sur le Saint-Suaire. Quelles nouveautés apportez-vous ?
Prof. Marinelli :
Outre toutes les raisons de douter du résultat de l'analyse par radiocarbone, qui fait remonter l'origine du linceul au Moyen âge, ce livre fait état de récentes études menées par un groupe de scientifiques de l'ENEA, l'institution centrée sur les nouvelles technologies, l'énergie et l'environnement, de Frascati (Rome).
Dans cet institut, les chercheurs ont pris quelques échantillons de lin et les ont irradiés avec un appareil, le laser à excimères, qui émet des rayons ultraviolets à haute intensité. Les résultats, comparés à l'image du linceul, révèlent des analogies intéressantes et confirment la possibilité que l'image ait été provoquée par une irradiation ultraviolette directionnelle.

ZENIT : Cela fait des décennies que vous étudiez le Saint-Suaire, quelle idée vous en êtes-vous faite? Est-ce vraiment le drap qui a enveloppé Jésus après sa crucifixion?
Prof. Marinelli :
Cela ne fait aucun doute, ce drap ne peut avoir enveloppé un autre cadavre. Et l'image a du se former au moment de la résurrection, provoquée par un faisceau de lumière jaillissant de son corps glorieux.

ZENIT : Quelles sont les preuves et les arguments les plus solides qui prouveraient que c'est ce tissu de lin qui a servi à envelopper le corps du Christ?
Prof. Marinelli :
Il y a une parfaite coïncidence entre les récits des quatre évangiles sur la Passion du Christ et ce que l'on observe sur le Suaire: la flagellation comme peine en soi, trop abondante pour être le prélude de la crucifixion (120 coups au lieu des 21 habituels) ; la couronne d'épines, un fait tout à fait insolite ; le transport du patibulum, le pieu horizontal de la croix ; la suspension à la croix avec des clous au lieu d'utiliser les cordes habituelles ; l'absence de crurifrage, la fracture des jambes infligée pour accélérer la mort ; la blessure au côté après la mort, avec écoulement de sang et de sérum ; le fait de ne pas avoir laver le corps (dû à la mort violente et à une sépulture rapide) ; le cadavre enveloppé dans un drap précieux et la déposition dans un tombeau pour lui au lieu de finir dans une fosse commune ; le bref séjour dans le drap.

ZENIT : Si le Saint-Suaire est vraiment ce que vous et tant d'autres disent, quel est le sens de cette relique? Le Seigneur veut-il donner une réponse à notre incrédulité?
Prof. Marinelli :
Il est certainement étonnant de penser que la révélation photographique du linceul remonte à la fin du XIXème siècle, période où le positivisme se caractérisait par une confiance dans le progrès scientifique et par la tentative d'appliquer la méthode scientifique à toutes les sphères de la connaissance et de la vie humaine. Au moment où la foi en Jésus Christ semblait, aux yeux des sages, quelque chose de dépassé, la science photographique révélait son image comme une mystérieuse présence sur le linceul.
Avec la venue des ordinateurs dans la seconde moitié du XXème siècle, a été révélée la tridimensionnalité de l'image du linceul. Et encore une fois, le Christ émerge de ce lin dans toute sa majesté.
Les fidèles de saint Thomas Apôtre, à travers le Saint-Suaire, peuvent encore aujourd'hui mettre le doigt dans les plaies du Seigneur et avoir un signe, qui est en réalité comme le signe de Jonas (Mt 12,39-40)

ZENIT : Pourquoi certaines personnes cherchent à montrer que ce linceul n'est pas celui du Christ? Quel arguments apportent-ils?
Prof. Marinelli :
Le Saint-Suaire inquiète ceux qui veulent exclure le Christ de leur vie. Le seul argument qui est reproposé pour nier l'authenticité de cette relique est la preuve par radiocarbone. Mais il y a de tout autour de ce test et il est juste de connaître les dessous de cet examen pour se rendre compte du manque de fondement de ses résultats.
J'ai consacré plus de la moitié de mon livre à cette histoire, jusqu'aux derniers développements, avec les aveux de Christopher Bronk Ramsey, le directeur actuel de l'un des trois laboratoires qui, il y a vingt ans, ont daté le linceul : « Il y aurait, semble-t-il conflit concernant l'interprétation des mesures établies par radiocarbone et les autres preuves que nous avons sur le Saint-Suaire. C'est pourquoi j'estime que toute personne ayant travaillé dans ce secteur, scientifiques, experts en radiocarbone et autres experts, doivent avoir un regard critique concernant les preuves qu'ils ont produites de manière à retracer une histoire cohérente qui s'adapte et nous révèle la véritable histoire de ce mystérieux morceau de tissu » . Les recherches doivent donc continuer, mais de manière transparente et exempte de préjugés.

Antonio Gaspari

Source: ZF09052804 - 28-05-2009
Permalink: http://www.zenit.org/article-21109?l=french

10 décembre 2013

Sommes-nous égaux devant le bonheur? P. Gravel, Le Devoir 28-29 oct 2006


Sommes-nous égaux devant le bonheur?
Le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik estime que la souffrance est un passage obligé pour atteindre le bonheur

Pauline Gravel - Le Devoir
Certaines personnes semblent y accéder plus facilement que d’autres, même quand le malheur s’abat sur elles. Existerait-il des gènes qui prédestinent au bonheur? En s’appuyant sur les plus récentes découvertes en neurologie et en psychologie, le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik démontre dans son dernier livre, De chair et d’âme, qu’en matière de bonheur, la génétique oriente en effet nos choix de vie. Mais elle ne nous voue pas nécessairement à une vie heureuse ou à la dépression. De même, les terribles épreuves subies par certains enfants ne les condamnent pas irrémédiablement à une vie ratée et malheureuse. Le milieu sensoriel, affectif, social et culturel dans lequel nous baignons refaçonne constamment notre cerveau, berceau des émotions. L’humain peut ainsi rebondir du malheur au bonheur. Ces deux antagonistes sont d’ailleurs inextricablement liés, souligne le théoricien de la résilience, Boris Cyrulnik. La souffrance serait même un passage obligé pour atteindre le bonheur. Sans elle, la vie n’aurait aucun intérêt.
Un enfant négligé, maltraité ou qui vit auprès d’une mère dépressive et malheureuse à ce moment critique du développement cérébral apprendra à son cerveau à canaliser — «circuiter» — les informations vers les zones cérébrales qui déclenchent plutôt la tristesse.

Le gène de la vulnérabilitéÀ la fin des années 90, des chercheurs ont découvert que chez les singes et les êtres humains, certains individus ont des gènes qui synthétisent de longues protéines capables de véhiculer beaucoup de sérotonine, alors que d’autres individus sont de petits transporteurs de sérotonine. Neuromédiateur sécrété dans l’espace situé entre deux neurones, la sérotonine joue un rôle fondamental dans l’humeur. Elle stimule les désirs, améliore les fonctions cognitives, et un grand nombre de médicaments antidépresseurs accroissent sa présence dans le cerveau.
«Or on constate que les petits transporteurs de sérotonine sont hypersensibles. Ils réagissent avec beaucoup plus d’émotivité aux épreuves que les gros transporteurs, beaucoup moins sensibles aux événements de la vie», confirme Boris Cyrulnik au bout du fil depuis Paris. «Toutefois, cette tendance naturelle ne prédit absolument pas les dépressions à venir.»
Prenant conscience très jeunes, pendant l’enfance, qu’ils sont vulnérables aux difficultés, les petits transporteurs de sérotonine s’organisent une vie stable et paisible, entourés de l’affection de maman et papa. Ils s’intègrent bien à l’école, laquelle encourage la routine. Par contre, ils supportent mal les déménagements. Lorsqu’ils se marient, ils font des maris fidèles et de gentils parents.
En revanche, les gros sécréteurs de sérotonine ont besoin de fortes stimulations pour avoir l’impression d’exister. Enfants, ils sont des transgresseurs, et quand ils arrivent à l’adolescence, ils prennent des risques. Les filles font de l’auto-stop en minijupe et en débardeur. Les garçons font des excès de vitesse ou se lancent dans des bagarres inutiles, note Boris Cyrulnik. Adultes, ils multiplient les aventures extraconjugales, et quand on les abandonne, ils ne souffrent pas longtemps avant de tourner la page. Toutefois, arrivés à un certain âge, ils n’ont rien construit et un nombre non négligeable d’entre eux sombrent dans la dépression.
Alors que, chez les animaux, le fait d’être un gros transporteur de sérotonine est garant d’un rang élevé dans l’échelle sociale, chez les humains, les petits transporteurs, à force de bons résultats scolaires — très valorisés dans notre culture — et de travail routinier, accéderont souvent à des postes supérieurs.
Mais les enfants sages et sans problèmes ne sont pas pour autant assurés de connaître le bonheur éternel, nous apprend Boris Cyrulnik dans De chair et d’âme, qui paraît aux Éditions Odile Jacob et qui arrivera dans nos librairies à la mi-novembre. L’auteur cite les résultats d’une étude longitudinale menée par des chercheurs portugais sur une cohorte d’enfants modèles. Comme on s’y attendait, ces enfants irréprochables étaient devenus des adultes bien socialisés et sans troubles graves de la personnalité. Par contre, ils (davantage les filles que les garçons) étaient devenus anxieux et plus souvent déprimés que les enfants «normalement difficiles», c’est-à-dire plus sujets à provoquer de petits conflits sans grande conséquence. Rien n’est simple...

Période sensible
Ce déterminant biologique lié au transport de la sérotonine «n’empêche toutefois pas le milieu de marquer son empreinte dans le cerveau et d’orienter l’acquisition d’un style affectif — d’une manière d’aimer — particulier», rappelle Boris Cyrulnik. Le scientifique explique que les informations sensorielles qui enveloppent le jeune enfant induisent la création d’une myriade de nouveaux circuits dans le cerveau. Les neurones établissent 200 000 contacts par heure au cours des quatre premières années de la vie, précise-t-il.
Un enfant négligé, maltraité ou qui vit auprès d’une mère dépressive et malheureuse à ce moment critique du développement cérébral apprendra à son cerveau à canaliser (à «circuiter») les informations vers les zones cérébrales qui déclenchent plutôt la tristesse, explique-t-il. Par contre, si l’enfant est rassuré et entouré d’une mère gaie, son cerveau sera formaté différemment et les stimulations de son milieu seront projetées de préférence vers la région cérébrale qui induit des sensations de bonheur et d’euphorie. «C’est la banalité du quotidien qui façonne le cerveau, souligne Boris Cyrulnik. Les interactions quotidiennes établissent des circuits, des voies préférentielles, ce qui confirme l’intuition de Freud.»
L’isolement sensoriel dans lequel se retrouve un enfant qui perd sa mère et ne trouve aucun substitut dans sa famille ou sa culture ralentit la création de nouveaux circuits cérébraux. Cette carence peut même mener à l’atrophie de la région fronto-limbique du cerveau. L’observation au scanner des cerveaux de jeunes orphelins abandonnés et privés de toute affection a en effet montré que cette zone cérébrale, responsable des émotions et de la mémoire, avait littéralement fondu.
Lorsque ces enfants ont été confiés à des familles d’accueil généreuses, leur cerveau a retrouvé sa taille normale un an plus tard. Les gamins avaient également récupéré un niveau intellectuel normal et s’intégraient bien socialement. En s’appuyant sur ces exemples, Boris Cyrulnik affirme que tout n’est pas perdu pour un enfant abandonné, maltraité par la vie. Grâce au phénomène de la résilience — que le neuropsychiatre a grandement vulgarisé —, «l’enfant pourra reprendre un autre type de développement si la famille et la culture disposent autour de lui de nouveaux tuteurs».
Boris Cyrulnik en sait quelque chose, lui qui est devenu orphelin à l’âge de cinq ans un jour de 1942, lors duquel sa mère polonaise est arrêtée et déportée. Enrôlé dans la Légion étrangère, son père, Juif d’Ukraine, disparaît aussi. Le jeune Boris échoue alors à l’Assistance publique (l’orphelinat), où une institutrice, qui le croit en danger, le garde chez elle jusqu’à ce que des voisins les dénoncent. Le gamin est alors embarqué et enfermé dans une synagogue de Bordeaux. Il échappe de justesse à la déportation en s’éclipsant dans les toilettes au moment d’une rafle. Il a 11 ans lorsqu’il retrouve à Paris une tante qui l’inscrit à l’école. Il se passionne alors pour la natation, la nature et l’éthologie, c’est-à-dire le comportement animal mais aussi celui de l’homme, qu’il étudiera par le truchement de la psychologie, de la neurologie et de la psychanalyse.

Influences déterminantesDans son livre, le neuropsychiatre explique que d’autres membres de la famille de l’enfant, des amis et même la culture peuvent en effet avoir une influence déterminante sur le développement de l’attachement en favorisant une évolution résiliente. Des enfants maltraités par un parent ne deviendront pas nécessairement maltraitants à l’âge adulte s’ils bénéficient du soutien d’une autre personne aimante de leur entourage et si leur communauté propose d’autres lieux éducatifs. Le vulgarisateur de la résilience donne en exemple Bill Clinton qui, en dépit de la violence du second mari de sa mère, a réussi à développer une sociabilité tout à fait normale grâce à l’affection de sa mère et de ses grands-parents ainsi qu’aux nombreuses associations de sport, de musique et d’activités culturelles présentes dans son patelin. Si le petit Bill avait vécu dans un milieu fermé et isolé, son cheminement aurait été nettement plus difficile, prévient Boris Cyrulnik.
La culture n’agit pas toujours favorablement, fait-il par ailleurs remarquer. Longtemps, les Européens et les Québécois ont cru qu’il valait mieux laisser pleurer les bébés et éviter de les prendre dans ses bras de peur qu’ils ne deviennent capricieux, rappelle-t-il. «Effectivement, un bébé dont on ne s’occupe pas arrêtera de pleurer au bout de trois heures, dit-il. Cela ne donne pas raison à cette théorie pour autant mais confirme en fait qu’un bébé non bercé apprend le désespoir. Tout se passe comme s’il se disait : “Pas la peine de pleurer, personne ne viendra m’aider. Je suis seul au monde et je dois devenir indifférent pour ne pas trop souffrir.”» C’est un comportement courant dans les grands orphelinats.
«À l’inverse, si, au moindre pleur, on se précipite sur lui pour le cajoler, on compromet aussi son développement, car le bébé apprend que son désir est roi : ta mère est à ta disposition, et si elle n’accourt pas tout de suite, c’est qu’elle est une mauvaise éducatrice», poursuit-il. En bref, le parent doit être ni trop distant ni trop protecteur afin que son enfant apprenne à surmonter les épreuves. Alors, il pourra développer un attachement solide et sans inquiétude («sécure») qui lui permettra de s’épanouir.

Sans souffrance, point de bonheurPour que se tisse un lien d’attachement, l’enfant doit vivre quelques frayeurs (une voiture qui klaxonne, un chien qui jappe, un inconnu qui entre dans la maison), que sa mère ou son père sauront apaiser. Privé de ces petites frayeurs, l’enfant n’a pas de raison de s’attacher, affirme Boris Cyrulnik. «Une alerte pacifiée, un chagrin consolé donnent à une figure d’attachement un pouvoir tranquillisant et permettent à l’enfant de reprendre confiance en soi et d’éprouver le plaisir de partir à la découverte de l’inconnu», précise-t-il dans son livre. «Quand les parents, au contraire, entourent le petit au point de l’enfermer dans une prison affective, toute séparation est alors vécue comme une menace de perte.»
L’enfant rassuré éprouve un intense bonheur quand il retrouve la personne à laquelle il est attaché et dont il a été temporairement privé de la présence. Par contre, l’enfant assiégé par le dévouement amoureux de sa mère peut ressentir du déplaisir au moment des retrouvailles, comme la nourriture finit par provoquer le dégoût lorsqu’on a mangé à satiété. «C’est donc le rythme, la pulsation et l’alternance qui provoquent la sensation de joie ou de bonheur extrêmes», souligne-t-il.
«On peut donc dire que les séparations entre la mère et son enfant sont nécessaires au cours de l’éducation. Si ces séparations sont durables au point de devenir des abandons et des isolements sensoriels, l’alerte biologique jamais calmée finit toutefois par faire éclater les cellules, expliquant ainsi l’atrophie cérébrale observée chez les enfants abandonnés dans des orphelinats et leur instabilité émotionnelle», écrit M. Cyrulnik.
On peut dire aussi que lorsqu’il n’y a jamais de séparation, la routine qui enveloppe l’enfant supprime toute sensation d’événement. Or un cerveau qui n’est pas stimulé rend l’enfant passif, incapable de décider. «Seul le couplage “tristesse de la séparation” et “bonheur des retrouvailles” apprend à l’enfant à surmonter ses petits chagrins et lui permet d’acquérir un sentiment de confiance. Pour accroître l’attachement d’un petit enfant, il ne suffit pas de satisfaire ses besoins, insiste Boris Cyrulnik. Au contraire, c’est l’apaisement d’une souffrance qui l’augmente et non la satisfaction d’un plaisir.»
L’empathie, cette faculté de ressentir ce que pensent et ressentent les autres, prépare à la parole et à la socialisation, poursuit-il. Or le développement de cette faculté est compromis autant chez les enfants privés d’une base de sécurité en raison d’un abandon que chez les bambins sous l’emprise d’un amour parental trop bienveillant qui les isole du monde extérieur. Une fois à l’adolescence, l’individu qui a été «trop entouré ne saura pas harmoniser ses désirs à ceux du partenaire espéré car il n’aura pas appris à se décentrer de lui-même».

Une seconde chance à l’adolescenceAu cours des premières années, l’attachement est particulièrement malléable, souligne le chercheur. Chaque rencontre a un pouvoir façonnant alors que les neurones envoient des prolongements synaptiques dans tous les sens. Puis, le cerveau s’apaise et l’enfant établit ses relations en employant le style affectif qu’il a inconsciemment acquis.
Dans toutes les cultures, un enfant sur trois n’a pas acquis l’attachement «sécure», soit parce qu’il est tombé gravement malade, soit parce que sa mère est dépressive, soit parce que son père est disparu, indique Boris Cyrulnik. Pour ces mal partis de la vie, l’adolescence représente une deuxième chance. Sous l’effet du déversement hormonal, le cerveau retrouve une certaine plasticité qui permet aux intenses émotions provoquées par les premières amours d’induire un remaniement du mode d’attachement. Dans le cadre des recherches qu’il effectue à l’Université de Toulon, Boris Cyrulnik a ainsi vu des délinquants apprendre à mieux se faire aimer. Un tel phénomène est plus courant chez les garçons qui connaissent un bouleversement hormonal plus intense que les filles, dont les sécrétions hormonales sont plus douces et plus graduelles, précise le chercheur.
Plus tard dans la vie, à l’âge de la retraite, l’attachement subit généralement quelques transformations additionnelles. À cette étape de la vie où les proches parents et les amis disparaissent peu à peu, l’environnement affectif s’appauvrit. Par contre, notre monde intime, constitué par le récit de soi qui est bien gravé dans la mémoire, prend le relais. «Les anciennes figures d’attachement s’internalisent. Une photo, une lettre ou un petit objet suffit pour les évoquer et provoquer un apaisement», indique Boris Cyrulnik.
À cet âge, l’identité de la personne est plus forte que jamais. Elle nous permet de savoir ce qu’on veut, ce qu’on aime, là où on est fort et là où on échoue. Nos choix sont donc mieux adaptés alors que lorsqu’on est jeune, on fait parfois des choix malheureux parce qu’on se connaît mal. «Les jeunes ont une identité encore incertaine, ce qui fait qu’ils peuvent bien rêver de devenir chanteur alors qu’ils n’ont aucune aptitude», précise le chercheur.
Quand on devient âgé, on peut aussi se rapprocher de Dieu. «Le psychisme a horreur du vide, affirme Boris Cyrulnik. Alors, quand une personne âgée cherche à se représenter l’après-mort, elle éprouve une sorte de vertige au bord du gouffre et se sent apaisée dès qu’elle y place Dieu.»
La plupart du temps, la personne âgée qui a vécu dans une famille croyante redécouvre Dieu et s’attache à lui. Les «sécures» «le remercient du miracle de vivre». Plus vulnérables et plus rigides, les «insécures» entretiennent avec Dieu un hyperattachement anxieux qui les rend agressifs quand on tente de les faire douter de leur planche de salut.
«Globalement, les croyants se sentent mieux que les athées parce qu’ils maintiennent au fond d’eux-mêmes une base de sécurité. Le fait de rencontrer régulièrement des gens qui partagent la même croyance structure leur enveloppe affective», explique le neuropsychiatre avant d’ajouter que la simple évocation de Dieu diminue les marqueurs biologiques du stress.
Tout au long de son livre, Boris Cyrulnik nous montre que «la vie est une conquête perpétuelle, jamais fixée d’avance. Ni nos gènes ni notre milieu d’origine ne nous interdisent d’évoluer. Tout reste possible».

8 décembre 2013

Une pornographie fatale : une consommation criminelle par P. Daniel-Ange

ZF02112512
2002-11-25
P. Daniel-Ange: "Une pornographie fatale : une consommation criminelle"
Publication dans "France catholique"
CITE DU VATICAN, Lundi 25 novembre 2002 (ZENIT.org) - "Une pornographie fatale : une consommation criminelle*", c'est le titre de cette page du Père Daniel-Ange publiée dans l'hebdomadaire français "France Catholique" (http://www.france-catholique.fr/), à l'occasion de la campagne contre la pornographie lancée en France par l'Alliance pour les Droits de la Vie" (cf. ZF011115).
Pornographie : théorie ! Pédotrafic : pratique !
Une névrose obsessionnelle aigue : la pornosphère !
On a l’impression d’un phénomène collectif de névrose obsessionnelle aiguë. Comme si toute l’existence, tout le bonheur, toutes les raisons de vivre se réduisaient exclusivement à l’orgasme. On en est obnubilé (même de pauvres personnes âgées seront interviewées à la télé sur les détails de... leurs pratiques sexuelles !)
On se capsule dans une véritable pornosphère. Dont il est quasi impossible de s’évader, sans une force d’âme, une maîtrise de soi absolument exceptionnelle (voir chapitre suivant). L’esprit en est obstrué, obnubilé !
Elle va de pair avec une vraie castophobie [phobie de la chasteté]. Elle-même aspect de l’omniprésente biophobie : cette panique délirante devant la vie à naître. Tout est imaginé, calculé, fabriqué pour — à tout prix — éviter même le risque de concevoir. Jusqu’à friser le ridicule . Finalement le plus sûr : la stérilisation, et masculine, et féminine !
Et si par malheur on rate son coup, alors ne reste qu’à l’éliminer le plus expéditivement possible, sinon... à la sortie du sein . De toutes façons, cet enfant ne compte pour rien !
Cette horreur de la vie crée un vide tel, qu’il n’y a plus que l’orgasme partout et sans cesse, capable de tromper l’irrépressible besoin de vivre. Et l’on s’étonne que les jeunes soient secoués de spasmes !
Seul ersatz proposé à l’espérance qu’est toute vie nouvelle : la jouissance charnelle acharnée !
Et l’on s’étonne que des jeunes se flinguent, dégoûtés qu’ils sont d’une vie à ce point refoulée, d’un amour à ce point prostitué !
Et tout cela se fait imperceptiblement. Tels des miasmes respirés sans qu’on en soit conscients. Tels des messages subliminaux engrammés dans l’inconscient.
En douceur, mine de rien : c’est l’intoxication par insinuation, la perversion par infiltration...
Par ailleurs, le porno enferme dans une sexualité fantasmée, coupée de la réalité. Dans un univers masturbatoire qui pervertit du dedans la relation humaine. Voir son conjoint et même à la limite ses enfants comme des personnes devient impossible : ils deviennent chair plus ou moins fraîche à consommer.
Même dans les couples, on aboutit à une sorte de “prostitution conjugale”, où le sexe n’est plus qu’un instrument de domination et d’exploitation. Plus rien à voir avec l’amour ! La sexualité passe de l’expression à la consommation. Que d’époux intoxiqués par cette drogue de l’imaginaire, avouent projeter sur leur épouse et même leurs enfants les fantasmes dont ils sont saturés !
On parlera de « désagrégation quasi schizoïde » de la sexualité .
Des toxines en vente libre...
La pornographie semble anodine, si ce n’est divertissante. Mais visqueuse et vicieuse sœur de la violence, elle engendre des esclaves. Agressive, elle attaque ce qu’il y a de plus fragile en nous, rejoint mille complicités secrètes, réveille les pulsions, infecte l’imagination, pollue la mémoire, excite le corps, trouble le regard, souille le cœur, paralyse l’esprit. Ses images deviennent tatouages : elles s’impriment au fer rouge. Ces brûlures, qui en guérit ?
Le porno serait-il à l’âme ce qu’est le Sida au corps ?
Drogue de l’imaginaire, elle enchaîne tout autant. Preuve : son succès. Elle crée une dépendance : du soft au hard, on ne résiste plus. Peu à peu, elle tue le système de défense immunitaire. On ne réagit même plus à ses virus. On est phagocité ...
Mesquine surtout, quand elle cible jeunes et enfants : elle vise les faibles dans leurs points faibles. Elle sait viser pile et juste. Elle connaît les fissures stratégiques.
Précision égale à celle des roquettes dirigées au laser. Certains slogans et clips sont plus meurtriers que grenades et obus. Ceux-ci peuvent détruire une maison, une maison, cela se reconstruit. Une famille, qui la reconstruit ?
Nos villages les plus perdus, nos appartements les mieux calfeutrés, nos maisons les plus retirées, nos chambres les plus intimes : elle y accède . Pas une lézarde par où elle ne s’infiltre ! Telle une eau saumâtre dégoulinant par des fissures dans les plafonds d’une HLM.
Elle s’insinue partout : boîtes à lettres, petit écran, minitel, téléphone, internet... Elle n’épargne personne. Elle recherche surtout jeunes et ados... Jusque dans les lieux les plus innocents . Elle tourne à la dictature du sexe : véritable empire colonial (ou... vampire animal !)
Ce cocktail lythique tuant l’enfance...
Même les enfants sont atteints, pire : visés ! Leur pudeur naturelle en est violée. Vicié, leur sens du sacré !
Nos enfants les plus proches, les plus propres, la pornographie les déniche. Quel enfant de France ne connaît pas de téléphone, de télémessageries dites roses, à force de les voir partout placardés ? Coût rentable, coup réussi !
Combien de jeunes m’ont avoué avoir ingurgité ces saloperies, parfois des heures durant ! En se ruinant : et financièrement, et surtout psycho-spirituellement. Certains, dès 8-9 ans. Combien, ayant simplement tapoté tel code minitel, sont tombés sur mots ou voix proposant un rendez-vous ? Ils s’y pointent. Dégoûtés, accrochés, traumatisés, certains en reviennent. D’autres ne reviennent plus jamais...
Dans certaines gares ou stations de métro, les écrans sont placés à hauteur d’enfant. De même que dans les kiosques, magazines et revues pornos sont exhibés juste au niveau de regard des 7-9 ans. Le plus lâche : mélanger les littératures .
À la télé, ces images sont programmées juste avant ou après les infos de 20 heures, afin d’allécher les plus jeunes . Soigneusement, sciemment, consciemment. Conscience en moins.
Le pire : quand du matériel dit de prévention-sida (donc subventionné par l’État), diffusé dans les écoles par certaines associations, met carrément en scène des enfants ...
Des vidéos pornos sont pires que ces mines antipersonnel, sur lesquelles sautent chaque jour des enfants du Cambodge .
De grandes conférences internationales tâchent de limiter l’emploi de ces mines, mais le porno, on s’en fiche ! Mines comme porno sont mortels : les premières pour le corps seul, le second pour l’âme et parfois pour le corps aussi, quand le Sida s’ensuit... Mortels, donc sataniques ! Satan n’est-il pas l’assassin par excellence ?
C’est atroce : on joue sur l’extrême perméabilité psychique des enfants. Plus que pour personne, les images s’y impriment au fer rouge. On sait le caractère traumatisant qu’ont les scènes sexuelles sur les petits.
Non, nul aujourd’hui ne peut nier le lien porno-pédo .
À force d’initier des enfants — fût-ce sous prétexte de prévention —, qu’on ne s’étonne pas que même des mineurs en deviennent violeurs .
Le plus atroce est atteint, quand ce sont des enfants qui sont non seulement initiés, mais qui sont impliqués, exploités dans la production de matériel porno : achetés, forcés, drogués souvent. Et parfois tués ! L’abominable kiddy-porn .
Aux pornocrates virant en pornotrafiquants, s’appliquent ces redoutables paroles du plus doux des enfants des hommes :
« Si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits... il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer ! Malheur au monde à cause des scandales ! Malheur à l’homme par qui arrive le scandale ! »
Mais nous ne demandons pas leur condamnation. Nous implorons leur conversion. Dès cette terre, nous voulons les arracher à l’enfer, les ouvrir à la lumière ! En attendant, ceux qui se taisent devant ce massacre-là des innocents, leur silence sera-t-il jugé comme connivence ? Leur lâcheté comme complicité ?
Du minitel au bordel, en fabriquant des criminels
Le but : non de flatter des rêves exotiques, éveiller des désirs platoniques, alimenter une récréation cérébrale ou un débat intellectuel. Mais bien de provoquer l’acte suggéré ou affiché par l’image dans sa crudité. Stratégie directement opérationnelle qui veut induire, inciter, exciter, susciter l’acte. L’information déclenche la consommation.
Il faut être singulièrement déconnecté de la réalité pour nier le lien intrinsèque entre porno-sado-maso et viols d’ados, entre porno-vidéo et bourreaux. Ceux qui en doutent planent dans l’irréel. Preuve : chez tous les pédotrafiquants, on trouve ce matériel en abondance (voir plus loin le cas de Ted Bundy).
Pendant des années, nous avons été trompés par la désastreuse théorie , dite de la “catharsis” : violence et pornographie serviraient d’exutoire bénéfique à l’agressivité. Aujourd’hui, la quasi-totalité des sociologues l’ont abandonnée, à commencer par son auteur, dès 1967. Ce n’est pas de la simulation, mais de la stimulation. Il s’agit d’un véritable conditionnement mental, impliquant passage à l’acte.
Roublarde, futée comme pas deux pour allumer ! Pour déclencher un incendie, suffit une allumette ! Elle s’y connaît en astuces, en ruses, en petits trucs. Elle en a, des tuyaux ! Avec un art consommé de la manipulation de l’inconscient. De manière quasi scientifique.
Mille fantasmes se défoulant en orgasme, mais au prix de douloureux spasmes. Ni accidents de parcours ou dérapages, mais — ici encore — choses pensées, réfléchies, voulues, calculées, programmées, provoquées . Calcul hautement performant : combien de jeunes m’ont avoué avoir effectivement tenté telle expérience précise, simplement sur suggestion d’une vidéo ?
Le raz de marée érotico-porno qui déferle dans les oreilles, devant les yeux et sous les doigts de nos enfants, n’a pas d’autre but : les faire passer tôt ou tard du minitel au bordel . Ce gigantesque matraquage savamment orchestré, magistralement organisé, ne vise pas autre chose : en arriver là, et le plus tôt c’est le mieux ! Quitte à distribuer en masse contraceptifs et préservatifs.
Ceci, alors même que les statistiques médicales établissent la connexion entre relations sexuelles précoces ou à partenaires multiples, et le cancer du col chez les filles, en plus des autres MST, et surtout le Sida (nous l’avons vu tout au long de ce livre).
Oui, la pornographie, c’est la théorie ! Le pédotrafic, c’est la pratique !
Pornotrafiquants, narcotrafiquants : même stratégie !
Calcul hautement rentable : plus les gens passent à l’acte, plus ils sont insatiables, et plus ils achètent.
Le porno est une gigantesque industrie, dont les chiffres d’affaires défient l’imagination. Aussi rentable que le trafic d’armes : deux industries meurtrières en dernière instance .
Nul doute que, si elle bénéficie de telles protections, c’est que ses bénéfices profitent à un certain nombre de personnes haut-placées, ou à certaines entreprises .
Il est difficile d’exclure des liens étroits entre le marché porno et celui de la prostitution (y compris enfantine). Et quand le label « prévention-sida » y est apposé, une partie des finances vient de l’État, on l’a vu .
Mais encore une fois, le marché de l’image, c’est en fait déjà le marché de la chair vendue très très peu chère !
Les pornotrafiquants ont exactement la même tactique que les narcotrafiquants. Paradoxe : on mène une lutte à mort contre ces derniers. On n’ose pas toucher aux premiers. Alors que les conséquences se rejoignent en fin de course.
Le cardinal Danneels dira que la pornographie « concentre les dérives du sexe, de l’argent et du pouvoir »
Le viol : violence insoutenable
Le viol s’amorce avec la violence . Atteindre ce que l’être porte de plus sacré, de plus profond, de plus intime, c’est déjà une violence qui — tôt ou tard — déclenchera la violence : terrible spirale !
Que d’interférences de la violence, en ce domaine qui — entre tous — devrait être celui de la douceur et de la tendresse ! Le viol, la plus violente des effractions : meurtre d’une liberté ! On en est horrifié .
Mais ces crimes qui régulièrement défraient la chronique sont la suite logique de mille incitations-insinuations à ce viol, banalisé au point d’en faire un fait-divers : divertissant .
Unanimité des psy sur les séquelles : destruction pure et simple, déstabilisation comportementale, automutilation, délinquance, fugues, vécu de mort, tentatives de suicide ...
C’est par centaines, que des jeunes m’ont avoué en avoir été victimes. Des années plus tard, ils en portent les traces physiques parfois, psychologiques toujours . Sans parler des blessures au niveau spirituel. Il faut quelquefois des années pour s’en remettre .
Le pire : quand au drame de l’effraction dans la plus intime des intimités, se mêle l’horreur d’être victime de ceux-là mêmes dont on attend une inconditionnelle protection . Lorsqu’un enfant, une ado, est violée par ceux de sa propre famille. Le plus souvent un oncle, un grand-père et surtout le propre père .
Parmi les jeunes qui se confient à moi, je demeure atterré par le nombre grandissant d’incestes. Levé le tabou, on en devient fou !
Mais là aussi, que d’incitations explicites continuelles ! Jusque dans des BD distribuées dans le cadre de la soi-disant prévention-sida. Et déjà simplement dans la pub commerciale. Incitations-provocations d’ailleurs autant à la pédophilie qu’à l’inceste. Bien joué : d’une pierre deux coups !
Ici aussi, sous prétexte d’info, une vraie pub (camouflée) est faite pour l’inceste, et l’on s’étonne — hypocritement — du nombre de cas ... Pire : des États prônent la légalisation des relations sexuelles avec des mineurs .
Normal : quand plus rien n’est sacré, pourquoi encore respecter la virginité de son propre enfant ?
Depuis peu — enfin ! — magistrats, médecins, éducateurs, travailleurs sociaux s’interrogent, se mobilisent, se concertent. Le silence est enfin rompu, l’opinion enfin alertée ! Mais la réalité elle-même continue d’être banalisée, si ce n’est normalisée . Du pessimisme ? Non, du réalisme !
Cette sexualité animale,... mécanique...
Les organismes militant pour un malthusianisme généralisé, comme l’IPPF ou le FPA, lobbies aux réseaux extrêmement puissants dans les pays anglo-saxons, ne se contentent pas de prôner des relations sexuelles orales et anales, partouzes, mawsbotiens collectifs, incestes frères-sœurs, mais même la zoophilie : on le retrouve régulièrement dans les campagnes de prévention-sida.
Et la dérive continue... C’est le corps-truc, corps-machin, sex-machine. L’acte sexuel ? Mécanique sur commande. Pas d’amour à exprimer. Pas de vie à donner. Pas de tendresse à dire. Personne à aimer. Personne à susciter. Personne à admirer.
Sur affiches et vidéos, on ne voit même plus le visage où se reflète l’âme. L’être humain est déshumanisé. Réduit à son seul corps, et celui-ci à ses seuls organes génitaux, eux-mêmes déconnectés du génital, ramenés à leurs stimulii mécaniques. Sexualité anonyme, aliénante, dépersonnalisante, machinale (machine et animal). Glaciale. Fatale.
Quand Éros épouse Thanatos...
Le viol est connecté avec le meurtre : violence suprême ! Prouvé : combien de cas où il est précédé ou suivi d’un assassinat ?
C’est aussi programmé dans le porno-SM [sado-masochiste] contenant par milliers des scènes de meurtres. Et l’on s’étonne ensuite des passages à l’acte ! C’est pire que la bestialité : les bêtes ne le font jamais. Stupéfiants, les prodiges d’imagination !
Ici, le vice s’éclate en sévices, la jouissance en souffrance, le plaisir en faire-souffrir, alors c’est déjà faire-mourir. La relation je-tu se pervertit en : je-tue. Le sadisme vire à l’assassinat. Le viol au meurtre. Tuer déclenche l’orgasme. Le plus beau signe de vie : instrument de torture. La plus merveilleuse expression de l’amour : la mort ! Je ne dramatise pas, j’expertise.
Thanatos a fini par vaincre Éros !
Quand le Sida est sciemment inoculé... à des enfants !
Ici, il faut avoir le courage de dénoncer cette autre forme de meurtres, certes moins spectaculaires, moins violents, mais non moins criminels : quand, sciemment, des hommes transmettent le Sida ...à des enfants ! Aux U.S.A., en Thaïlande , aux Philippines, ce sont des enfants par dizaines de milliers qui sont maintenant en train de mourir à petit feu, ayant contracté le Sida inoculé par ces irresponsables en quête de jouissances, en mal de sensations. Irresponsables ? S’ils savent leur seropositivité, ils sont coupables. Et osons le mot : homicides, pédocides !

Feux grillés : vies brûlées !
Paradoxe : d’un côté, atteintes à la pudeur, pédophilie, viols, sexo-meurtres, sont — Dieu merci ! — passibles d’actions en justice ; de l’autre, on tolère impunément toutes les incitations qui y conduisent !
Comparaisons : une police pénalisant lourdement les infractions, tout en laissant afficher toutes les incitations à enfreindre le Code. Laissant fonctionner simultanément feux rouges et verts, puis se précipitant aux carrefours pour distribuer PV et relever les blessés !
Pourquoi ces images routières ? Il s’agit ni plus ni moins du code de la route de l’humanité. On a dépassé les bornes, déplacé les balises, supprimé les panneaux de signalisation. On a voulu conduire n’importe comment, ivres de vitesse, grisés par le risque.
Pourquoi un code, sinon pour garantir la vie. Et aussi un minimum de tranquillité d’esprit : conduire sans être obsédé par la peur constante que l’autre fasse n’importe quoi.
Imagine que soient décrétée pour demain l’annulation totale du Code sur l’ensemble de la France. Le soir, au petit écran : « Aujourd’hui, 124 823 accidents mortels ! » Ton « Vive la liberté chérie ! », le voilà noyé dans un bain de sang et de sang-lots .
Ce beau slogan sur les routes de Belgique : « Brûler un feu, des vies en jeu ! » Que de feux grillés, que de vies accidentées, à force de jouer avec ce qui n’est pas un joujou, mais la chose la plus admirable, donc la plus redoutable au monde. On a bradé toute législation routière, car on a perdu le sens (raison profonde et direction) de notre itinéraire.
La sexualité tourne en rond, à vide. L’humanité ne sait plus autour de quelle orbite elle gravite. Ni où se lève la Lumière, ni pour quel Soleil elle est faite : elle est dés-orientée. Dé-boussolée. Dés-enchantée : elle ne chante plus. Trop noire, sa nuit !
Pour ne pas stériliser le sang de Mélissa et de Loubna !
Pour cesser de fabriquer des Dutroux et des Bundy !
Été 96, hiver 97... Et voici qu’éclate le drame de Sars-la-Bussière, venant tragiquement confirmer tout ce que je viens de dire.
Après tant d’autres, ces viols-meurtres d’enfants et de jeunes qui nous terrorisent, sont un symptôme extrême de ce syndrome d’implosion sexuelle, qui caractérise notre société au libéralisme amoral avancé. De tels drames se passent dans tous les pays occidentaux, et maintenant en Est-Europe. Avec sans doute la complicité de certaines hautes sphères politiques.
En France, combien d’enfants disparus ces dix dernières années ? La petite Marion... et tant d’autres. Où sont-ils donc partis ? On fait plus que le pressentir. On le sait parfaitement bien . Quand tout sera mis au clair, on en restera sidérés ! Déjà, de terribles vérités commencent à être élucidées...
Souligner ici trois aspects de ces tragédies, peu ou pas relevés dans les médias.
Où se trouvent les vrais coupables ?
Ce drame n’est que le passage à l’acte, dans une sadique cruauté, de tant de messages visualisés dans une cynique crudité.
Le porno-hard comporte en effet de continuelles incitations-provocations, non seulement à toutes les formes de sado-masochisme — comme on vient de le voir —, mais aussi précisément à la pédophilie homosexuelle ou hétérosexuelle. Insinuée comme normale, bien en dehors du porno, simplement dans la pub dite commerciale. Donc accessible à tous, partout et sans cesse . Ces pédotrafiquants sont donc des “créatures” de ces lobbies pornocrates qui semblent maîtres à bord, dans le totalitarisme psychomédiatique imposé à nos pays.
Ce témoignage de Ted Bundy, exécuté à Starks (Floride) le 24 janvier 1989. Dix-sept heures avant son exécution, il répond aux questions du Dr Dobson, président de Focus on the family. Il avait agressé sexuellement et assassiné 28 femmes. Élevé pourtant dans un milieu « merveilleux », avec « deux parents attentifs et aimants ». Chez lui et à l’école, que de bons exemples et de bons principes. Mais voici : « à l’âge de 12 ou 13 ans, je rencontrai la pornographie douce dans les rayons d’une épicerie ».
De la douce, il passe à la hard : « C’est comme une drogue, vous conservez une excitation insatiable, jusqu’à ce que vous atteigniez le point où la pornographie ne peut aller plus loin. Vous atteignez ce point quand vous vous demandez si le fait de passer à l’acte vous apportera plus que de le lire et de le regarder. Bien que mes parents aient été attentifs, la pornographie m’a arraché à ma famille. »
En prison, il a rencontré d’autres criminels de son acabit : « Sauf exception, chacun d’eux avait été profondément influencé et conditionné par une accoutumance à la pornographie ». Les rayons des magasins sont « pleins de ces choses qui envoient des jeunes gens sur la pente que j’ai suivie ».
Ted Bundy a donc été condamné à mort — lui, la victime. Les vrais coupables : ceux qui avaient condamné son âme d’enfant au cercle vicieux de la mort !
D’une main on vous pousse à l’acte, de l’autre on vous frappe pour ce même acte : pas de pire sadisme ! Une main tient l’appât, l’autre le bâton : pas de pire cynisme !
On vous matraque pour les choses mêmes dont on n’a pas cessé de vous matraquer : pas de pire hypocrisie !
Pourquoi seule la violence peut-elle secouer notre indifférence ?
Tout cela se passe dans l’indifférence ou en tout cas l’impuissance apparente des pouvoirs civils et judiciaires. Dans une société où les gouvernants semblent pris en otages par la soi-disant opinion publique, elle-même manipulée — forgée — par les caïds des médias télévisuels. Eux-mêmes semblant tenus en laisse — question finances — par certains lobbies pornotrafiquant en coulisses.
Nous récoltons donc ce que nous avons — sciemment ! complaisamment ? — laissé faire.
Suite aux pédo-meurtres dramatiques de 1996 en Belgique, de 1997 en France, les pouvoirs publics commencent — enfin, enfin ! — à réagir (saisies de vidéos par milliers, inculpations par centaines). Mais pourquoi, pourquoi donc avoir attendu de telles tragédies pour enfin ouvrir les yeux ? Depuis des années, ce matériel est régulièrement envoyé aux autorités compétentes, comme aux différents responsables d’Église, espérant une action énergique, au moins une législation mieux appliquée, ou ne fût-ce qu’une parole, une seule parole... En vain !
En Angleterre et au Canada, il a fallu en arriver aux meurtres d’enfants par d’autres enfants, pour enfin provoquer une réaction massive exigeant de censurer la violence télévisuelle, dont ces meurtres étaient une des tragiques conséquences. Mais pourquoi donc seule la violence est-elle capable de nous arracher à notre inconscience ?
Ne faut-il pas profiter de la révolte grondant dans le bon peuple pour, — enfin, enfin ! — faire appliquer efficacement en France le dernier article [227 22-24] du Code pénal, protégeant encore l’enfant contre pornographie et agressions sexuelles, mais restant généralement lettre morte ?
Urgence de neutraliser, sans l’ombre d’une concession ou d’un compromis, ceux qui militent ouvertement — aussi bien dans le monde politique que sur la scène médiatique — pour l’abrogation pure et simple de cet article. Cela, au nom de la “liberté d’expression” (au nom de laquelle on pourrait alors inciter... à tuer !).
Comment ne pas suspecter une connivence entre eux et les pédo-pornotrafiquants ? Si hommes et femmes de bon-sens ne se liguent pas pour contrer ces manœuvres sordides, il suffirait d’un changement de majorité politique pour qu’ils arrivent à leurs fins.
Par ailleurs, cracher sur le sacré induit aussi à ne plus rien respecter. Si l’on ne respecte pas la conscience d’un croyant, pourquoi donc respecter l’innocence d’un enfant ?
Si la virginité de Marie est sans cesse tournée en dérision, la chasteté des consacrés sans cesse suspectée, pourquoi respecter l’intégrité d’un jeune ?
Lâcheté ou timidité ?
Nous fabriquons bien d’autres Dutroux ou Bundy, en laissant toutes ces incitations-provocations — finalement : au crime — agresser et infester l’imaginaire des jeunes, ainsi que des adultes, mais d’abord des enfants. Ce qui, déjà en soi, est de l’ordre de la criminalité.
Ces campagnes de perversions, manifestement soutenues en coulisses par des pornotrafiquants, profitent de la lâcheté des autorités judiciaires et civiles, de l’incompréhensible timidité des autorités religieuses. Et la lâcheté de nos autorités et de nos pasteurs pourrait être jugée par l’Histoire — et l’est déjà par des parents vivant pareille tragédie — comme une complicité de silence, un refus (anticipé) d’assistance à enfants/jeunes en danger. En danger mortel !
Silence angoissé de tant de jeunes et de parents qui ont encore gardé le sens des vraies valeurs ou simplement un peu de bon-sens, et surtout d’humanité. Et qui se sentent impuissants, si ce n’est écrasés devant un tel raz de marée noire. Qui attendent en vain un cri d’alarme de leurs pasteurs, déçus qu’ils sont par le profil bas que semblent tenir certains.
Par contre, de nouvelles lois draconiennes pour sauver la vie de nos enfants, ni plus ni moins, seraient plébiscitées par le bon peuple traumatisé par ces événements. Et terrorisé à la seule idée que cela puisse être commis n’importe quand, par n’importe qui, et n’importe où .
Suite aux drames de ces derniers mois, heureusement une prise de conscience se fait. De vastes campagnes contre la pornographie mobilisent, non plus quelques groupes isolés, mais une partie de la population (par exemple celle de l’Alliance pour les droits de la vie ). Ces réactions s’avèrent souvent payantes.
Arracher l’amour à la consommation commerciale
Cette mentalité obscurément diffuse et systématiquement diffusée inocule jusque dans l’inconscient collectif l’idée (idéologie ?) que le corps n’est qu’un gadget à consommer. De là à réduire l’enfant aussi à un truc à consommer à gogo, il n’y a qu’un pas. Franchi par pubs, tracts, émissions-radio, téléfilms, internet, etc, circulant en toute impunité dans nos pays. « Véritables spirales infernales qui menacent les enfants et les jeunes, leurs cibles préférées. » (La Cité vivante)
Et qui en profite, en dernière instance ? Les réseaux internationaux du commerce sexuel.
Ces tragédies, on n’en viendra pas à bout en imposant des sanctions, mais en travaillant en amont, en remontant aux causes. D’un côté, éradiquer ces insolentes incitations pornos ; et de l’autre — surtout — donner aux jeunes une vraie formation à l’amour, en vue d’une saine écologie des corps. En promouvant cette chasteté qui protège l’amour (voir chapitre suivant).
Si l’on veut éviter de nouveaux Dutroux, si l’on veut sauver par milliers des Julie, Mélissa, An, Eefje, Élisabeth, Loubna, Marion, il faut agir immédiatement avec la plus absolue fermeté. Des vies d’enfants sont en jeu ! Nos familles de demain sont en jeu ! Nos peuples sont en jeu.
Tout ceci, n’importe quel homme et femme, en qui subsiste le sens de la vie et de l’amour, le comprend. Nul besoin d’être chrétien pour cela.
Un gouvernement énergique suscitera le soutien unanime d’une majorité silencieuse et accablée, n’attendant que cela. Elle n’en peut plus d’être continuellement agressée par quelques lobbies hurlant et gesticulant pour imposer de manière intolérante et intolérable leur conception d’une chair réduite à une marchandise à commercialiser bestialement.
Urgence donc d’une éducation sexuelle — officielle ou non — qui replace repères et balises. En un mot : d’un code de la route permettant à l’amour de circuler sans risquer de tels accidents mortels.
Pour une thérapie intégrée de libération-guérison
Autre dimension, mais ici que seul un croyant peut saisir. Lorsque la sexualité se fait sauvage à ce point, elle devient non seulement animale, mais carrément satanique. Elle arrive à l’inversion absolue : ce que Dieu a donné pour notre bonheur engendre la terreur. Ce qu’il a voulu pour la vie provoque le meurtre. Dans les acteurs criminels, ne faut-il pas reconnaître des pécheurs marqués par le péché originel et, derrière eux, avoir la lucidité de dénoncer celui qui est l’Anti-amour par excellence et l’Homicide dès l’origine ?
Pour ces personnes victimes de l’implosion sexuelle de notre société, traitements et thérapies psy de toutes sortes sont certes nécessaires, et peut-être bénéfiques, en plus de la détention. Mais quand l’aveuglement, l’inconscience (l’anti-conscience), la compulsivité sexuelle de ces obsédés atteignent de telles proportions, quand leur liberté semble à ce point entravée et leur volonté paralysée, ne faut-il pas y diagnostiquer une oppression directe de la part de Satan, esprit d’impureté et de mort par excellence ?
Pour les pédophiles-multi-récidivistes qui prolifèrent dans notre Occident saturé de sexe, détention, thérapies psy et suivi médico-judiciaire suffisent-ils vraiment ?
Ces cas extrêmes ne réclament-ils pas, aussi, le ministère de libération (c’est le mot exact) du Christ confié à son Église : cet exorcisme grâce auquel une personne peut participer à la victoire du Christ ressuscité sur tout esprit mauvais ?
Il est des cas (et l’irrépressible compulsivité en est un symptôme), où une personne ne peut être délivrée, qu’en laissant le Christ être vainqueur en elle de toute possession, obsession, compulsion . Ici, que fait l’Église de cette puissance divine, cette victoire pascale, à elle seule confiée ? Médecins et juges se penchant sur de tels cas, connaissent-ils l’existence de cette thérapie-là ?
Le problème est qu’il faut que la personne y consente, donc qu’elle soit croyante, et pas seulement en théorie. Le fait d’en arriver à de telles horreurs, littéralement démoniaques (seul adjectif ici valable), prouve qu’elle ne l’est pas. Une thérapie psy avec exorcisme intégré suppose une rencontre avec le Christ.
Alors je pose la question : la plus efficace des prophylaxies pour éviter pareilles récidives, n’est-elle pas finalement dans une conversion en profondeur au Christ, au moins à Dieu ? Conversion que nul ne peut imposer, bien sûr, mais qui peut leur être proposée dans tous les cas. Or, l’est-elle chaque fois ?
Toute conversion suppose une guérison du cœur. Guérison impliquant un pardon sincèrement mendié. Pardon exigeant un repentir en profondeur. Repentir provoqué par une rencontre personnelle avec le Sauveur. Rencontre devant être amorcée par des témoins venant préparer le terrain. Tout s’enchaîne !
Puisque ces personnes sont loin de Dieu, l’aumônier n’est pas toujours la première personne qui peut les aborder. Il doit être précédé par des témoins, si possible jeunes, qui auraient accès à elles, si elles veulent bien les recevoir. Et qui pourraient au moins essayer de les conduire, non au remords — chemin de mort —, mais à la repentance qui est espérance. Elle obtient le pardon de Dieu.
Pourquoi directions de prisons et autorités judiciaires, qui ont — heureusement ! — toujours recours aux psy et aux éducateurs-éducatrices spécialisé(e)s, ne feraient-elles donc pas appel à des baptisés — prêtres ou non — (je pense à des parents), ayant déjà une expérience d’assistance spirituelle, ou plus précisément un ministère de délivrance et de guérison spirituelles ? Ainsi qu’à des jeunes ayant une expérience d’annonce du Christ en “milieux à risques” ? Une telle thérapie spirituelle n’exclut en rien un traitement psy, bien au contraire. Elle s’y intègre. Non concurrence mais symbiose. De plus en plus de médecins sont conscients de cette inestimable collaboration, et de la nécessité de soigner en sa globalité la personne coupable — donc toujours victime.
Ensuite, s’ils sortent de prison étant effectivement rendus à leur identité d’enfants de Dieu, les laisser en liberté dans des conditions où ils seraient soutenus, entourés (par exemple dans des nouvelles communautés de vie) par des frères et sœurs en baptême, capables de les protéger (moins les surveiller que veiller sur eux) dans une vigilance d’amour. Et continuer de longues années durant une thérapie priante, fraternelle et sacramentelle suivie. Ne serait-ce pas la plus efficace des prophylaxies contre les tentations de récidives ?
Car finalement, si ces personnes ont fait tant de mal, ont bafoué l’amour à ce point-là, c’est qu’elles-mêmes sont profondément blessées (mal-aimées). Et ces blessures ne se guérissent que par l’amour de ceux qui pardonnent, et par les pardons de l’Amour en personne.
Où les assassins deviennent des saints...
Pour conclure, lancer un appel à la supplication pour ces malheureux. Il ne s’agit pas de les lyncher, mais de les sauver. Eux qui ont créé l’enfer dans l’âme de ces enfants et dans le cœur de leurs parents, l’enfer les attend s’ils ne se convertissent pas.
On en tremble pour eux. Et pour nous qui, à un niveau ou à un autre, sommes toujours plus ou moins complices de telles horreurs, ne fût-ce que par notre lâcheté à en combattre les causes, mais surtout de par nos propres connivences avec le péché.
À cet enfer, nous voulons les arracher. Pour eux aussi, nous n’exigeons pas leur condamnation à mort, nous voulons leur conversion à la Vie. Ces criminels ne sont-ils pas eux-mêmes des grands blessés de l’amour ? Méritant, certes, que justice soit faite, mais aussi ayant droit à notre compassion la plus profonde.
Et nous souvenant encore de cette petite Normande [Thérèse de Lisieux] qui, à 14 ans, a mis au monde de Dieu celui qu’elle ose appeler son “premier enfant” : un meurtrier de plusieurs enfants [Pranzini], nous osons penser que ce sont elles, les petites Julie, Mélissa, An, Eefje, Élisabeth, Loubna, Marion, qui vont engendrer à leur enfance éternelle ces Dutroux et consorts, qui ont massacré leur innocence d’enfants.
Oui, maintenant que ces petites voient Dieu, ayant traversé la grande passion des enfants innocents de Bethléem, ce sont elles qui vont, par leur propre sang innocent, obtenir du Cœur du Père que leurs assassins deviennent des saints. Pour louer et aimer le Seigneur avec elles, avec leurs parents, pour toute l’éternité.
Telle est notre espérance. Folle ! Et l’espérance ne peut décevoir, car l’Amour s’est manifesté dans l’Enfant-Innocent par excellence. Celui qui a supplié, en pensant à tous ceux qui le crucifient dans les plus petits de ses frères et sœurs : « Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font ! »
Alors viendra le jour sans fin où ces enfants pourront dire à leurs tortionnaires : « Entrez dans la lumière ! Nous vous accueillons chez nous, chez Dieu, donc chez vous ! » Et ils pourront leur dire : « Maman ! » Ils seront sauvés.
Amour saccagé : vies ravagées !
Résumons : le porno est destruction de l’amour, donc de la vie.
Car tout ce qui touche à l’amour atteint la vie. Tellement nous sommes faits comme Dieu : pour donner la vie dans l’amour. Pour un amour qui donne la vie [en Dieu, c’est un acte même et identique : il y faudrait un seul mot].
Un amour saccagé, c’est une vie ravagée .
Rendre l’amour dégoûtant, c’est dégoûter de la vie.
Écœurer le cœur, c’est vider la vie !
La vie perd toute valeur, là où l’amour perd sa saveur.
La vie devient une horreur, là où l’amour perd sa splendeur.
Quand l’amour perd sa signification, la vie perd son orientation !
Pourquoi donc vivre encore, s’il n’est possible ni d’aimer ni d’être aimé ?
Alors j’ose poser tout de go certaines questions : ne serions-nous pas en train de fabriquer des petits vieux ridés avant l’âge, souillés par de gros vicieux ? Jusque dans certaines écoles ?
Ne sommes-nous pas en train d’engendrer les débauchés — donc les désespérés — de demain ? Les dépravés d’aujourd’hui ne risquent-ils pas de devenir les épaves de demain ?
Ne préparons-nous pas une autre épidémie : celle des suicides ?
Une autre hémorragie : celle du sang de l’amour ?
Ces questions : malheur à qui les prendrait à la légère ! Elles sont redoutables.
Dégradation d’une génération : disparition d’une nation
Impression d’une gigantesque opération (camouflée) de perversion (généralisée). Et donc de destruction à court terme d’une jeunesse, à long terme d’un peuple.
En Pologne, à l’ère soviétique, les communistes encourageaient en sous-main l’alcoolisme, freinaient toutes les œuvres s’attaquant à ce problème : meilleur moyen de neutraliser les forces vives d’un pays. Et de mâter un peuple en l’abrutissant. Pour les Romains, c’était du pain et des jeux. Maintenant, c’est du fric et du sexe. La politique de domination idéologique reste la même.
Impression d’une opération de perversion camouflée de la génération montante, et donc de destruction à court terme d’une jeunesse, à long terme d’un peuple. Car la dégradation d’une génération, c’est la disparition d’une nation. Processus inexorable de lente déshumanisation ?
Si déjà les jeunes adultes sont tellement blessés, immatures, insécurisés, mais que sera-ce donc dans dix ans ? Quand l’enfant d’aujourd’hui devra affronter le monde de demain ? On n’ose y penser... On en tremble !
Nous en avons maintenant une preuve arithmétique, je veux dire démographique, de l’ordre d’une évidence. À cause de la perte du sens même de la vie — conséquence inéluctable de la perversion des notions d’amour et de fidélité —, nos peuples d’Occident sombrent tous sous la ligne de survie. Parce que tant de familles en ont été éclatées, tant de nos jeunes bousillés, tant de nos berceaux laissés vides, nous ne savons même plus comment nos pays pourront simplement survivre d’ici vingt ans.
Bientôt, il n’y aura plus qu’un citoyen en âge de travailler pour un inactif à nourrir. Le papy-boom a remplacé le baby-boom .
Et très précisément, toucher à la femme atteint le cœur d’un peuple .
Comme pour le Sida, la première victime de cette agression est la femme. Elle est attaquée dans sa féminité même : et dans sa virginité, et dans sa sponsalité, et dans sa maternité. Bref, en son être même.
L’ONU tente désespérément de faire reconnaître, non plus les deux sexes, mais cinq “genders” : homme, femme, homosexuel, lesbienne, bisexuel (à la Conférence de Pékin, sur les centaines de pages du rapport officiel, seulement cinq fois le mot mère !)
L’idéologie ultra-féministe a voulu tromper l’opinion mondiale, en brisant la réalité naturelle de la femme en tant que femme .
« Tout se passe comme si l’homme était possédé par la rage de piétiner sa propre humanité [...]. Il s’agit de découvrir ou de redécouvrir en soi les racines de l’humanité . »
Pour exister simplement : résister courageusement !
Devant cette menace de totalitarisme, nous revendiquons la liberté totale de pensée, de parole et d’action dans la défense et la promotion des valeurs essentielles à la vie d’un peuple. Des repères sans lesquels une nation finit par s’autodétruire.
Ce qui paralyse sans doute bien des responsables politiques ou religieux, et les empêche de foncer, c’est la crainte d’une récupération par l’extrême-droite des revendications aux valeurs, de la lutte contre la débauche. Au point qu’on ne peut même plus réagir, sans être traités de fascistes ou d’intégristes.
Mais n’est-ce pas précisément notre lâcheté à tous et la démission des majorités ou minorités dites “de droite” qui font le lit de l’extrême-droite ?
Bien des braves gens, écœurés de ce raz de marée, filent dans ses rangs, parce que nulle autre formation politique ne semble vraiment mettre à son programme l’assainissement de l’immoralité publique.
Une politique saine, ferme, efficace, dans le domaine des valeurs à promouvoir à tout prix pour sauver un peuple (protection inconditionnelle des plus faibles, promotion de la natalité, soutien aux familles) couperait l’herbe sous le pied de l’extrême-droite.
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une formation politique extrémiste connaît des dérives graves, des outrances inadmissibles, des positions inacceptables, que tout ce qu’ils disent est ipso facto mauvais .
Nous refuserons donc de nous laisser intimider par des menaces, d’où qu’elles viennent, paralyser par de possibles amalgames, museler par l’outing, neutraliser par des procès d’intention.
Nous serons prêts à aller — s’il le faut — jusqu’à la résistance passive, pouvant impliquer la désobéissance civique .
Nous ne céderons pas ! Nous ne faiblirons pas ! Nous ne subirons pas !
Vous nos pères et nos bergers, ne nous lâchez pas, entraînez-nous !
Face à cette dictature naissante, on ne peut plus tergiverser, biaiser. L’heure sonne d’une gigantesque mobilisation générale de tous ceux qui sont ici concernés : parents, éducateurs, prêtres, médecins, politiciens. Tous doivent réagir, chrétiens ou non, croyants ou non .
Ici le petit peuple attend beaucoup de ses bergers : évêques, prêtres, pasteurs, responsables d’Église .
Aujourd’hui, n’est-ce pas leur devoir premier, leur ministère essentiel, leur vocation prioritaire, de sauver ce qui reste encore d’humanité, de s’opposer de toutes leurs forces à tout ce qui peut détruire le plus fantastique des dons de Dieu : la vie ! Donc l’amour.
Étant prêts pour cela à toutes les formes de martyre : de la marginalisation sociale à la prison. Via calomnies et camouflets .
Le berger ne donne-t-il pas sa vie pour ses brebis, surtout les plus chétives ?
Notre Jean Paul II nous y entraîne sans cesse : « Il n’y a que l’obéissance à Dieu pour faire naître la force et le courage de résister aux lois injustes des hommes. Ce sont la force et le courage de ceux qui sont prêts même à aller en prison ou à être tués par l’épée, dans la certitude que cela fonde l’endurance et la confiance des saints. » Evangelium vitae n° 73.
Aux temps dits “barbares”, les pasteurs de l’Église n’étaient-ils pas les premiers à défendre la cité, en montant courageusement au créneau, en affrontant de face les envahisseurs, cela pour sauver la vie de leur peuple ?
Où sont-ils donc, ces audacieux, courageux pasteurs d’aujourd’hui, dignes de leurs frères aînés ? Qui n’ont pas peur de monter au créneau, de prendre des risques, de se tenir en premières lignes ?
Devant Jésus le Seigneur, et ses anges, et ses saints, n’auront-ils donc pas à rendre compte de la vie de ceux qui leur étaient confiés ? Surtout des plus vulnérables, des plus faibles, des plus petits ? L’Église est-elle encore l’Église des pauvres ?
Nous supplions le Père de nous donner de ces grands bergers qui pourront entraîner tout leur peuple sur la voie de la résistance à ce nouveau totalitarisme, à cette nouvelle idéologie, non moins destructrice de l’humanité qui est en nous, que le nazisme et le communisme.
Que le lâche silence de certains pasteurs de ces sombres époques ne puisse aujourd’hui être imputé à nos pasteurs, quelle que soit leur confession chrétienne.
Aujourd’hui, n’est-ce pas leur devoir premier, leur ministère essentiel,, de sauver ce qui reste encore d’humanité, de s’opposer de toutes leurs forces à tout ce qui peut détruire le plus fantastique des dons de Dieu : la vie ! De protéger le plus faible, le plus vulnérable, le plus pauvre, le plus « Dieu-parmi-nous » ?
Oui, devant le mal, ne pas nous désister, mais résister ! Devant le faible maltraité, ne pas faiblir ! Ne jamais lâcher le plus vulnérable : lutter sans relâche !
Tout au long de l’Histoire, n’a-t-on pas entendu retentir de grandes voix rugissant contre les différents totalitarismes ? Et ces totalitarismes n’ont-ils pas fini par s’écrouler, grâce au sang des témoins refusant de flirter avec l’idéologie mortifère, cela jusqu’à la torture et au sang versé ?
Qu’ils soient bénis, ces audacieux pasteurs, dignes de leurs frères aînés ! Qui n’ont pas peur de monter courageusement au créneau, de prendre des risques, de se tenir en premières lignes.
Les paroles fortes de Jean Paul II aux évêques de Bosnie, à Sarajevo (le voyage de tous les courages !), ce 13 avril 1997, ne nous sont-elles pas aussi adressées :
« Ne vous découragez pas de lever une voix prophétique pour dénoncer les violences, démasquer les injustices, appeler par son nom ce qui est mal, défendre avec des moyens légitimes les communautés qui vous sont confiées ! »
Ne peut-on appliquer aux maffieux pornocrates — jouant avec le Sida —, surtout aux pornotrafiquants d’enfants, aux tortionnaires d’enfants, aux meurtriers d’enfants, ce cri de Jean Paul II à Palerme (Sicile), en 1995 :
« Au nom du Christ, je me tourne vers les responsables [de la maffia] : convertissez-vous ! Parce qu’un jour pèsera sur vous le jugement de Dieu ! Ceux qui sont tachés de sang humain en répondront à la Justice de Dieu. »
Et s’adressant à tous, donc à nous :
« Levez-vous ! Revêtez la lumière et la justice ! Pas de place pour la lâcheté et l’inertie ! »
Et encore, au million et demi de jeunes, à la JMJ de Czestochowa :
« Soyez des lutteurs, comme ceux qui ont témoigné à l’Est jusqu’au martyre ! Voici venue votre heure ! »

P. Daniel-Ange

© France Catholique

6 décembre 2013

Texte de réflexion sur le couple chrétien (ZENIT.org)

"La collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde"
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CITE DU VATICAN, Samedi 31 juillet 2004 (ZENIT.org) – "La collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde" fait l’objet d’une lettre de la congrégation pour la Doctrine de la foi aux évêques de l’Eglise catholique, publiée ce matin. Elle se trouve dans la page web de Zenit à l'adresse: http://www.zenit.org/french/visualizza.phtml?sid=57645.

Cette lettre est d’ores et déjà disponible en six langues, en italien, français, anglais, allemand, espagnol et portugais, dans l’édition de la Librairie éditrice vaticane (http://www.libreriaeditricevaticana.com/ - 00120 Cité du Vatican – Europe).

Le document est signé par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la Doctrine de la Foi et par le secrétaire de ce dicastère, Mgr Angelo Amato, sdb, et il est en date du 31 mai 2004, fête de la Visitation de la Vierge Marie. Le pape Jean-Paul II a approuvé ce document au cours d’une audience accordée au cardinal préfet et il en a "ordonné la publication".

Ce fascicule de poche compte une quarantaine de pages, 17 paragraphes, une introduction, une conclusion et quatre titres : "Le problème", "Les données fondamentales de l’anthropologie biblique", "L’actualité des valeurs féminines dans la vie de la société", "L’actualité des valeurs féminines dans la vie de l’Eglise".

L’introduction explique : "Après une brève présentation, et une évaluation critique de certaines conceptions anthropologiques contemporaines, le présent document entend proposer des réflexions inspirées par les données doctrinales de l’anthropologie biblique – indispensables pour protéger l’identité de la personne humaine – sur certains présupposés d’une conception correcte de la collaboration active de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, dans la reconnaissance de leurs différences".

"Le problème" (ch. 1) montre une troisième voie entre "subordination de la femme" ou "occultation de la différence" sexuelle. "L’Eglise, éclairée par la foi en Jésus-Christ, parle plutôt d’une collaboration active entre l’homme et la femme, précisément dans la reconnaissance de leur différence".

L’humanité comme réalité relationnelle."Les données fondamentales de l’anthropologie biblique" (ch. 2) examine, à la suite des enseignements de Jean-Paul II, les premiers chapitres de la Genèse et en conclut : "L’humanité est décrite comme articulée, dès son point de départ, par la relation entre le masculin et le féminin" (5). Selon le second récit de la création, explique le document, "Adam fait l’expérience d’une solitude que la présence des animaux ne réussit pas à combler" : "Il lui faut une aide qui lui corresponde. Le mot ne désigne pas ici un rôle de subalterne, mais une aide vitale. Le but en effet est de permettre que la vie d’Adam ne se perde pas dans la seule relation à soi-même ; stérile et en fin de compte porteuse de mort. Il est nécessaire qu’il entre en relation avec un être qui soit à sa hauteur. Seule la femme, créée de la même "chair" et enveloppée du même mystère, donne à la vie de l’homme un avenir" (6).

"La création de la femme par Dieu caractérise l’humanité comme réalité relationnelle", précise le document, et "la différence vitale est ordonnée vers la communion" (ibid.). C’est un "aspect fondamental de la ressemblance avec la Sainte Trinité dont les Personnes, avec l’avènement du Christ, révèlent qu’elles sont dans une communion d’amour les unes envers les autres" (ibid.).

L’égalité, le respect et l’amour perdus.Implicitement, le texte biblique affirme aussi la "différence essentielle qui existe entre Dieu et l’humanité" (7), une différence "mise en question" sous la "suggestion du Serpent".

"Le récit de la Genèse établit ainsi, analyse le document, une relation de cause à effet entre les deux différences : quand l’humanité considère Dieu comme son ennemi, la relation de l’homme et de la femme est pervertie. Quand cette dernière relation est détériorée, l’accès au visage de Dieu risque à son tour d’être compromis" (ibid.).

Mais le document s’arrête aussi à un texte clef, celui des paroles adressées par Dieu à la femme dans ce récit biblique, "suite au péché" : elles manifestent "de manière lapidaire mais non moins éloquente le mode de rapports qui va désormais s’instaurer entre l’homme et la femme" : "une relation dans laquelle l’amour sera souvent dénaturé en pure recherche de soi, (…) qui ignore l’amour et qui le tue, le remplaçant par le joug de la domination d’un sexe sur l’autre" (ibid.).

Et d’ajouter : "Situation tragique où se perdent l’égalité, le respect et l’amour qu’exige, selon le dessein originel de Dieu, la relation entre l’homme et la femme" (ibid.).

En résumé, le document lit dans les premiers chapitres de la Bible l’affirmation du "caractère personnel de l’être humain", "l’importance et la signification de la différence des sexes en tant que réalité profonde inscrite dans l’homme et dans la femme", "non seulement sur la plan physique, mais aussi sur le plan psychologique et spirituel", comme "une composante fondamentale de la personnalité" (8).

Ainsi, explique le document "la dimension anthropologique de la sexualité" se révèle "inséparable de sa dimension théologique" (ibid.). La "relation avec un autre que soi" qui caractérise la personne se révèle "à la fois bonne et altérée" et a donc "besoin d’être guérie", en d’autre terme, il faut "rompre avec cette logique du péché", l’éliminer "du cœur de l’homme pécheur". C’est toute l’histoire du salut, de l’alliance de Dieu avec son peuple.

L’histoire du salut.
"Une première victoire sur le mal est représentée par l’histoire de Noé", continue le document, puis "l’espérance du salut" se confirme dans l’alliance de Dieu avec Abraham : "Dieu commence à révéler son visage pour qu’à travers le Peuple élu, l’humanité apprenne la voie de la ressemblance divine, c’est-à-dire de la sainteté, et donc de la transformation du cœur" (9).

Or, "parmi les multiples manières par lesquelles Dieu se révèle à son Peuple, avec une longue et patiente pédagogie, on trouve aussi la référence constante au thème de l’alliance de l’homme et de la femme (…). Ce symbolisme semble indispensable pour comprendre la manière dont Dieu aime son Peuple. Dieu se fait connaître comme l’Epoux qui aime Israël, son Epouse" (ibid.).

Mais "toutes les préfigurations" contenues dans la Loi, les Prophètes et la Sagesse "trouvent leur accomplissement dans le Nouveau Testament" : "L’amour de l’homme et de la femme, vécu de façon baptismale, devient désormais sacrement de l’amour du Christ et de l’Eglise, témoignage rendu au mystère de fidélité et d’unité dont naît la "nouvelle Eve" et dont cette dernière vit au cours de son chemin sur la terre, dans l’attente de la plénitude des noces éternelle" (10).

Ainsi, le document affirme l’espérance chrétienne sur le couple : "en vertu de la Résurrection, la victoire de la fidélité sur les faiblesses, sur les blessures reçues et sur les péchés du couple, est possible" , car "dans la grâce du Christ qui renouvelle le cœur, l’homme et la femme deviennent capables de se libérer du péché et de connaître la joie du don réciproque" (11).

Le chapitre 1 s’achève sur cette affirmation : "Différents depuis le début de la création et demeurant tels jusque dans l’éternité, l’homme et la femme, insérés dans le mystère pascal du Christ, ne saisissent donc plus leur différence comme un motif de discorde qu’il faut dépasser par la négation ou par le nivelage, mais comme une possibilité de collaboration qu’il faut cultiver par le respect réciproque de leur différence. A partir de là, s’ouvrent de nouvelles perspectives pour une compréhension plus profonde de la dignité de la femme et de son rôle dans la société humaine et dans l’Eglise" (12).

La promotion de la femme."La promotion de la femme au sein de la société, conclut le ch. 2, sur "L’actualité des valeurs féminines dans la vie de la société", doit donc être comprise et voulue comme une humanisation qui se réalise au moyen des valeurs redécouvertes grâce aux femmes".

"Plus concrètement, ajoute le n. 14, si les politiques sociales – concernant l’éducation, la famille, le travail, l’accès aux services, la participation à la vie civique – doivent, d’une part, combattre toute discrimination sexuelle injuste, elles doivent, d’autre part, savoir écouter les aspirations et repérer les besoins de chacun. La défense et la promotion de l’égale dignité et des valeurs personnelles communes doivent s’harmoniser avec la reconnaissance attentive de la différence et de la réciprocité, là où cela est requis par la réalisation des caractéristiques propres, masculines ou féminines" (ibid.).

"L’actualité des valeurs féminines dans la vie de l’Eglise" Le ch. 3, sur "L’actualité des valeurs féminines dans la vie de l’Eglise", insiste sur la personne et le rôle de la Vierge Marie dans l’histoire du salut et celle de l’Eglise en précisant : "Bien loin de donner à l’Eglise une identité fondée sur un modèle contingent de féminité, la référence à Marie, avec une disponibilité à l’écoute, à l’accueil, à l’humilité, à la fidélité, à la louange et à l’attente, situe l’Eglise dans la continuité de l’histoire spirituelle d’Israël. De telles attitudes deviennent en Jésus et par lui, la vocation de tout baptisé. Indépendamment des conditions, des états de vie, des vocations diverses, avec ou sans responsabilités publiques, ces attitudes déterminent un aspect essentiel de la vie chrétienne" (16).

Deux précisions importantes. D’une part, "s’il s’agit d’attitudes qui devraient être le fait de tout baptisé, il appartient de manière caractéristique à lal femme de les vivre avec une intensité particulière et avec naturel" : "les femmes ont un rôle de la plus grande importance dans la vie de l’Eglise, en rappelant ces attitudes à tous les baptisés et en contribuant de manière unique à manifester le vrai visage de l’Eglise, épouse du Christ et mère des croyants".

Et d’autre part, "dans cette perspective, on comprend aussi en quoi le fait que le sacerdoce ministériel soit exclusivement réservé aux hommes n’empêche en rien les femmes d’accéder au cœur de la vie chrétienne. Pour tous les chrétiens, elles sont appelées à être des modèles et des témoins irremplaçables de la manière dont l’Epouse répond par l’amour à l’amour de son Epoux" (ibid.).

La paix et l’émerveillement du jardin de la résurrection.
"En Jésus-Christ, conclut le document, toutes les choses deviennent nouvelles. Toutefois, le renouvellement pas la grâce n’est pas possible sans la conversion des cœurs. Il s’agit, en regardant Jésus et en le confessant comme Seigneur, de reconnaître la voie de l’amour vainqueur du péché, qu’il propose à ses disciples" (17).

"Ainsi, précisent les auteurs, la relation de l’homme avec la femme se transforme ; et la triple convoitise dont parle la première lettre de saint Jean cf. 2, 16) cesse de l’emporter. Il s’agit d’accueillir le témoignage donné par la vie des femmes comme une révélation de valeurs sans lesquelles l’humanité se fermerait sur elle-même dans l’autosuffisance, dans des rêves de pouvoir et dans le piège de la violence" (ibid.).

En somme, "c’est de la conversion de l’humanité à Dieu qu’il s’agit, de sorte que l’homme comme la femme connaissent Dieu comme leur "secours", comme le Créateur plein de tendresse, comme le Rédempteur" (ibid.).

Le document s’achève sur cette affirmation d’espérance : "L’Eglise sait la force du péché qui travaille les individus et les sociétés, et qui, quelquefois, pourrait faire désespérer de la bonté du couple. Mais par sa foi au Christ, crucifié et ressuscité, elle sait plus encore la force du pardon et du don de soi en dépit de toute blessure et de toute injustice. La paix et l’émerveillement qu’elle indique avec confiance aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui sont la paix et l’émerveillement du jardin de la résurrection, qui a illuminé notre monde et toute son histoire en révélant que "Dieu est amour" (1 Jn 4, 8.16)" (ibid.).

ZF04073101